Pour éclairer les lignes de défense la nuit, on utilise après 1870 des projecteurs mobiles qui sont placés sur chariot tirés par une locomotive routière. La majorité des forts ou des places fortes en possédait. Mais, dans les forts les plus stratégiques, on cherche à placer ces projecteurs sous abris bétonnés ou cuirassés. La solution sera la casemate de projecteur qui sera surtout utilisée pour les défenses côtières et la tourelle de projecteur qui sera adoptée en 1904.

Cette dernière que l’on appelle aussi phare cuirassé est une tourelle à éclipse d’une masse totale de 40 tonnes. Elle possède quelques points communs avec la tourelle de mitrailleuses comme son principe de fonctionnement, la taille de son blindage et sa résistance aux bombardements.

 

Pour fonctionner avec un projecteur, on équipe la tourelle de deux systèmes d’éclipse indépendants qui sont manœuvrés manuellement.

Le premier permet la mise en batterie de la tourelle en faisant émerger une coupole de 1m45 de haut et de 1m46 de diamètre. Cette manœuvre est soulagée par deux contrepoids de 4,6 tonnes reliés à 2 crémaillères et à un système de chaines qui équilibre l’ensemble. L’épaisseur de la coupole est de 15 cm pour la calotte et 2,5 cm pour la muraille.

Le second système d’éclipse permet l’ascension ou la descente du projecteur dans la tourelle, grâce un ascenseur que l’on manœuvre manuellement avec un treuil à main. Ce qui permet de retirer le projecteur de la tourelle quand elle ne fonctionne pas.

La tourelle se compose de 3 étages et d’un rez-de-chaussée

· Le rez-de-chaussée où l’on trouve un abri à projecteur sert à placer le projecteur quand il ne fonctionne pas, ou en cas de bombardements intenses, on y effectue aussi la maintenance de l’appareil.

· L’étage inférieur où l’on trouve le treuil de mise en éclipse de ta tourelle et du projecteur, un volant de rotation manuel, le rhéostat de la lampe à arc, le tableau de distribution et une lampe de rechange. C’est à cet étage que s’effectue les principales commandes de la tourelle, sauf la rotation sur 360°et l’inclinaison du projecteur qui sont commandés électriquement depuis un ou plusieurs observatoires cuirassés.

· L’étage intermédiaire où on y trouve les deux contrepoids d’éclipse de 4,6 tonnes et un moteur électrique de 240 W qui permet la rotation de la tourelle.

· L'étage supérieur où se trouve la chambre du projecteur qui est équipée quand la tourelle fonctionne d’un projecteur Sautter-Harlé, à miroir Mangin de 90 cm de diamètre qui fonctionne grâce à une lampe à arc de 80 volts - 100 ampères . Ce qui permet à la tourelle d’éclairer à une distance de 3 kilomètres par temps clair. Le projecteur est placé sur un bâti support qui permet son inclinaison de 0 à -8° et son transport quand il n’est pas dans la chambre de tir.

 

L’implantation de cette tourelle sur l’ouvrage est choisie en fonction de son éclairage. Elle ne doit pas éclairer les principaux organes du fort et elle doit diminuer au maximum les zones d’ombres autour de l’ouvrage. Son inconvénient est de laisser aux yeux de l’ennemi un point lumineux qui permet de localiser facilement le fort.

 

Seulement cinq exemplaires d’un coût de 80 000 Fr or seront installés. Ils seront placés dans les forts équipés d’une tourelle Galopin de 155 L. (2 au fort de Manonviller, 1 au fort de Pont st Vincent, 1 au fort de Frouard et 1 au fort d’Arches.)

Un projet resté sans suite prévoyait la conception d’une tourelle équipée d’un projecteur plus puissant de 120 mm.

En 1914, 3 tourelles de projecteur de 120 mm et 1 tourelle de projecteur de 90 mm sont commandées, il y en avait 3 qui étaient prévues pour l’ouvrage de Déramé à Verdun, pour la batterie de l’Eperon à Frouard et pour le fort du Barbonnet à Nice, mais la déclaration de guerre stoppera ce projet.

Aujourd’hui, il ne subsiste que la tourelle du fort de Frouard. Les autres tourelles ont été ferraillées pendant les deux guerres.

Inventaire des tourelles de projecteur de 90

La tourelle de projecteur de 90

L’ascenseur du projecteur.

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Le mécanisme de rotation et l’embrayage de la tourelle. Cliché VAUBOURG Julie

La tourelle de projecteur.

Cliché VAUBOURG Cédric

La circulaire graduée en grade de la tourelle.

Cliché VAUBOURG Cédric

L’étage intermédiaire de la tourelle .

Cliché VAUBOURG Cédric

L’étage intermédiaire de la tourelle de projecteur.

Cliché VAUBOURG Cédric

Le rez-de-chaussée de la tourelle de projecteur.

Cliché  VAUBOURG Cédric

Le treuil qui permet la mise en batterie de la tourelle mais aussi la montée du projecteur. Cliché VAUBOURG Julie

L’étage intermédiaire de la tourelle de projecteur.

Cliché VAUBOURG Cédric

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L’étage supérieur de la tourelle de projecteur .

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La tourelle de projecteur.

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La tourelle de projecteur et son observatoire cuirassé .

Cliché VAUBOURG Cédric

La tourelle de projecteur et son observatoire cuirassé .

Cliché VAUBOURG Cédric

L’étage supérieur. Cliché VAUBOURG Cédric

Détail des contacteurs du système de rotation électrique.

Cliché VAUBOURG Cédric

La tourelle de projecteur.

Cliché VAUBOURG Cédric

Le derrière de la tourelle de projecteur.

Cliché VAUBOURG Cédric

La tourelle de projecteur.

Cliché VAUBOURG Cédric

tourelle

Places

fortes

Forts

 ou ouvrages

Nombre

Constructeur

Marché du

Construction

Etat

aujourd’hui

1

Epinal

Fort d’Arches

1

Chatillon et Commentry

04/05/1904

11/1906 - 05/1907

Ferraillée par les Allemands en 1943

2

Nancy

Fort de Pont Saint-Vincent

1

Chatillon et Commentry

04/05/1904

07/1908 - 04/1909

Ferraillées par les Allemands en 1943

3 et 4

Lunéville

Fort de Manonviller

2

Chatillon et Commentry

25/05/1908

11/1911 - 11/1912

Ferraillées par les Allemands en 1943

5

Nancy

Fort de Frouard

1

Fives-Lilles

03/05/1910

05/1911 - 03/1913

En place