En 1874, pour compléter le dispositif des pièces d’artillerie à l’air libre, on place certaines pièces sous casemates pour les protéger des bombardements. Ces casemates appelées aussi caves à canon sont construites en maçonnerie recouverte d’une couche de terre de 2 mètres minimum  d’épaisseur qui doit arrêter les obus en fonte des pièces de campagne. Le point faible de ces casemates est leur embrasure qui ne protège pas l’extrémité de la bouche à feu en cas de bombardements. Cette embrasure est souvent renforcée avec du bois, des rails de chemin de fer ou encore du béton dans les ouvrages les plus exposés.

 

Ces casemates d’artillerie sont réparties en deux types :

 

- Les casemates à tir indirect se situent à l’intérieur de la rue du rempart pour être masquées aux yeux de l’ennemi. Elles sont armées de pièces effectuant des tirs courbes qui doivent écraser ou détruire les travaux d’approche de l’ennemi en cas de siège. La pièce d’artillerie est montée à l’intérieur de la casemate sur son affût de siège et place ou, dans de rares cas, pour les bouches à feu de 138 sur un affût Tarbes de casemate du type II à châssis et à frein hydraulique. L’angle de tir vertical de la pièce d’artillerie sur son affût de rempart est diminué à cause des murs de la casemate, obligeant la bouche à feu à tirer que sur un angle de +38° à +12°.

L’armement des casemates à tir indirect se composait généralement :

- d’obusier  de 155 court mle 1881 sur affût de siège et place

- de mortier de 220 mle 1881

- de mortier lisse

- de canon de 120 long mle 1878

- de canon de 138 de Reffye

- de canon de 138 de Reffye sur affûts Tarbes de casemate du type II.

L’affût Tarbes de casemate de type II à châssis et à frein hydraulique à pivotement autour de la bouche possède un angle verticale de tir de +35° à +1°. Il sera installé à deux exemplaires au fort de Razimont à Epinal et deux autres exemplaires au fort du Mont-Vaudois à Belfort

 

- Les casemates à tir direct sont placées à l’extérieur de la rue du rempart ou au-dessus des casernements, à la place d’une traverse abri. Elles sont armées d’une pièce effectuant un tir direct qui interdit un passage obligatoire à une armée ennemie. La pièce d’artillerie est montée à l’intérieur de la casemate sur son affût de siège et place ou, dans de rares cas, pour les bouches à feu de 138, sur un affût Tarbes de casemate du type I n°1 à châssis et à frein hydraulique. La portée de tir de la pièce d’artillerie sur son affût de rempart est fortement diminuée à cause des murs de la casemate, obligeant la bouche à feu à tirer que sur un angle vertical allant de +15 ° à -5 °.

De plus, l’embrasure de la casemate est visible aux yeux de l’ennemi ce qui la rend facile à localiser. Elle est parfois masquée en temps de paix pour dissimuler sa position et peut être dégagée en cas de conflit.

Dès leur construction, certaines de ces casemates étaient prévues pour être modifiées en casemates cuirassées du type casemate en fer laminé contre le canon de campagne ou le plus souvent en casemate en fonte dure contre le canon de siège pour mieux protéger la pièce d’artillerie des bombardements. Mais, ces cuirassements étant très coûteux à produire et à installer, seule une poignée de casemates bénéficiera de ces modernisations.

L’armement des casemates à tir direct se composait généralement :

- de canon de 120 long mle 1878

- de canon de 155 long mle 1877

- de canon de 138 de Reffye

- de canon de 138 de Reffye sur affût Tarbes de casemate du type I n°1

- de canons de 90 mle 1877

L’affût Tarbes de casemate de type I n°1 à châssis et à frein hydraulique à pivotement et tourillonnement autour de la bouche possède un angle vertical de tir allant de +19° à 0°. Il sera installé à deux exemplaires au fort du Montbart à Montbéliard. Ces deux affûts seront modifiés après 1908 pour recevoir des pièces de 120 long.

 

Après 1890, ces deux types de casemates deviennent trop vulnérables, elles seront souvent désarmées et aménagées dans la majorité des cas en magasins à munitions après avoir fermé l’embrasure.

L’intérieur de la casemate à tir indirect du fort du Mont Vaudois.

Cliché VAUBOURG Cédric

L’extérieur de la casemate à tir indirect du fort du Mont Vaudois.

Cliché VAUBOURG Julie

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Les casemates à tir direct ou indirect

Affût Tarbes de casemate de 138 de type II installé dans les casemates à tir indirect

du fort de Razimont et du Mont-Vaudois. Dessin Jean Pierre Zedet d’après un cours de fortification

Rectangle à coins arrondis: Haut de page

L’extérieur d’une des casemates à tir direct du fort de Vancia à Lyon.

Cliché VAUBOURG Julie