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En 1878, la place de Dijon vient immédiatement après les places de premier ordre comme Paris, Belfort, Lyon ou Langres. Dans le cas d’une invasion sur la Seine et sur la Saône, cette place constitue le point d’appui principal de la défense du territoire, en raison de son voisinage avec le point de partage des deux bassins de la Seine et de la Saône. La rôle de cette place est essentiellement multiple, elle doit remplir les trois principaux offices que l’on demande à la fortification permanente à savoir:

· Celui de place d’arrêt : en couvrant le plateau de l’Ouche qui sépare la Côte d’Or du plateau de Langres, permettant de passer de la vallée de la Saône dans celles de la Seine et de la Loire par les routes de Paris, de Nevers et d’Autun. Cette coupure de l’Ouche est d’une grande importance, non seulement parce qu’elle commande ces trois grandes routes, mais encore parce que la voie ferrée de Lyon à Paris et le canal de la Bourgogne sont sous les feux des forts de Dijon. Le rôle de cette place d’arrêt est aussi, le cas échéant, la dernière, à l’aide du fort de la Motte Giron, véritable citadelle destinée à résister après la chute des autres secteurs, à tenir pour empêcher l’ennemi de profiter de la prise de la ville pour utiliser les moyens de communication.

· Celui de place de concentration et de manœuvre : en envoyant au besoin des troupes sur les lignes de défense allant de Dijon à Langres, de Dijon à Lyon, de la Côte d’Or à la Suisse et de Dijon à la Loire en passant par Saulieu et le Morvan.

· Celui de place de dépôt et d’alimentation : en stockant du matériel, des vivres et des munitions pour les envoyer au besoin sur l’est ou le nord du pays.

 

En 1914, Dijon est une place de deuxième ligne faisant partie du mole Langres-Dijon-Besançon. Elle compte six forts, deux redoutes, une batterie avec obstacle et neuf batteries sans obstacle. Le corps de la place n’a pas d’enceinte et aucun des ouvrages n’a été renforcé pour résister aux nouveaux obus.

Le centre de la place possède un arsenal, un magasin de secteur sur la route de Troyes, une manutention militaire de 14 fours, un hôpital militaire et huit casernes ( Junot, Heudelet, Vaillant, Brune, Delaborde, Dufour, Dampierre et du Transvaal). Sa garnison prévue à la mobilisation est de 168 officiers, 7368 soldats et 244 chevaux.

Son armement en 1914 se compose au total de 384 pièces d’artillerie soit :

· 74 canons de 120 L approvisionnés à 600 coups par pièce

· 44 canons de 95 approvisionnés à 500 coups par pièce

· 178 canons de 90 approvisionnés à 300 coups par pièce

· 37 canons de 12 culasses approvisionnés à 150 coups par pièce

· 31 canons révolvers de 40 mm approvisionnés à 1800 coups par pièce

· 8 mortiers lisses de 27 approvisionnés à 300 coups par pièce

· 12 mortiers lisses de 15 approvisionnés à 300 coups par pièce

A la mobilisation, la place devait être mise en défense en aménageant plusieurs retranchements d’infanterie et jusqu’à 83 batteries d’artillerie terrassées armées avec l’armement disponible. Elles étaient approvisionnées par 13 dépôts intermédiaires et 5 magasins de secteurs aménagés dans des fermes réquisitionnées ou des abri aménagés.

La place forte ou le camp retranché de Dijon