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La fortification Séré de Rivières va contraindre les forces de la triple alliance à attaquer avec le gros de leurs troupes la Belgique sous le plan Schlieffen, agressant un pays neutre qui a le soutien du Royaume Uni, 1ère flotte du monde. Mais le début de la guerre ne va pas être très favorable à cette fortification fortement critiquée depuis la crise de l’obus torpille, les allemands ayant fabriqués des pièces de très gros calibre type 420 mm destinée à casser du béton, nos fortifications modernes n’étant pas conçues pour résister aux tirs de mortiers de plus de 270mm. Les attaques avec ce type d’engin sur les grandes places fortes Belges les font chuter les unes après les autres, la place de Maubeuge peu modernisée ne tient que quelques jours et le puissant fort de Manonviller, rapidement isolé et qui se retrouve sous les obus dévastateurs, n’a le choix que de se rendre. Pour aggraver le sort, les allemands feront sauter à l’explosif presque tous les cuirassements de cet ouvrage après les combats, faisant croire que leurs obus de gros calibre avaient détruit le fort qui sera repris par l’armée française quelques semaines plus tard. Les équipages isolés dans des ouvrages non modernisés de la citadelle de Montmédy et du fort des Ayvelles n’ont pas le choix d’abandonner leur position pour ne pas passer sous le rouleau compresseur allemand. Sur les Hauts de Meuse, la chute du fort du Camps des Romains produit l'hernie de St Mihiel qui gênera l’approvisionnement de Verdun pendant toute la guerre et même si les forts de Troyon, des Paroches et de Liouville ont tenu leur position lors de puissant combats, ils sont complètement chamboulés par les bombardements, voir inutilisables. Dans le nord de la France, les forts de Reims, de Laon, La Fère, d’Hirson et bien d’autres ne ralentissent pas la progression allemande, car ils sont déclassés depuis plusieurs années. Les allemands prennent ces ouvrages vides sans combat et s’y installent pour y tenir position pendant presque toute la guerre. A la fin septembre 1914, l’état-major perd confiance dans une fortification souvent mal utilisée conduisant directement le 5 août 1915 à un décret qui met fin aux places fortes et les désarme. Personnel, pièces d’artillerie et munitions sont envoyés sur le front, pire on laisse assez d’explosif dans les ouvrages afin de les détruire pour ne pas les laisser à l’ennemi. Cette conséquence appuiera l’état-major allemand sous les ordres du Général Von Falkenhayn, dont l’armée stagne sur le front qui s’est enlisé dans les tranchées, pour effectuer une nouvelle percée à Verdun le 21 février 1916, sur l’une des places fortes les plus modernes d’Europe. Ce camp retranché en grande partie désarmé, à proximité du front, gène le ravitaillement du front de la champagne depuis le début de la guerre, sa chute permettrait d’user l’armée Française. De plus, Verdun est un emblème national que l’état major Français cherchera à défendre au prix d’un grand nombre de vies humaines, et la place possède de gros problèmes de ravitaillement car il n’y a plus de grosses voies de communication depuis le début de la guerre. Pour essayer d’écraser Verdun, les allemands vont utiliser la méthode du Trommelfeuer qui est une préparation d’artillerie dite roulement de tambour. Pour cela, il vont utiliser 1225 pièces d’artillerie dont 542 obusiers de gros calibres qui vont tirer près de 2 millions d’obus pendant deux jours, avant d’envoyer leurs 60 000 hommes d’infanterie à l’attaque. Le fort de Douaumont tombera dès les premiers jours alors que sa faible garnison sans soutien était livrée à elle-même. Rapidement, les allemands sont ralentis par des soldats isolés qui maintiennent leurs positions dans un secteur chamboulé par les bombardements. Au fort de Vaux, la situation n’est pas meilleure, l’ordre est donné à la garnison de faire sauter le fort avant de l’évacuer, le bombardement détruira le magasin où sont placés les explosifs. Seule, la tourelle de 75 explosera accidentellement car le bombardement viendra déclencher la mise à feu de la charge qui était destinée à faire sauter la tourelle. Cet incident et le désarmement du fort handicaperont l’ouvrage qui tombera en juin 1916 après de violents combats aux corps à corps à l’intérieur de l’ouvrage. Les soldats se rendront car ils n’avaient plus d’eau depuis plusieurs jours. Les autres ouvrages attaqués, comme les forts de Vacherauville, Moulainville, Lauffée et bien d’autres vont faire preuve d’une défense exceptionnelle en attaquant l’ennemi pendant toute la bataille dans des conditions très difficiles. L’ouvrage de Froideterre repoussera les allemands qui avaient réussis à s’installer sur les dessus du fort en bloquant net la progression allemande. Même si ces ouvrages tiennent bon, ils sont la cible permanente de l’artillerie allemande, rendant la vie impossible à l’intérieur car les obus de très gros calibre arrivent à percer ou à fissurer l’épaisse couche de béton. Il faut donc les améliorer et les réarmer pour empêcher la progression allemande, mais cette action ne peut être faite en quelques jours, voire plusieurs mois car certains ouvrages ne peuvent pas être réarmés car ils sont visés en permanence, comme l’ouvrage de Thiaumont ou le fort de Vaux qui n’ont pas eu le temps d’être correctement réarmés lorsqu’ils tombent en juin 1916. Dès le mois de mars 1916, quand cela est possible, les forts sont réapprovisionnés, et d’importants travaux dits de 17 sont effectués jusqu’à la fin de la guerre par le service des Forts sur les ouvrages de la frontière du Nord Est. Mais seule, la place de Verdun et le rideau défensif des Hauts de Meuse seront vraiment concernés par le gros des travaux. |
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Le fort de Manonviller après le bombardement. Coll. de Lionel PRACHT |
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