Le fort de Souville est construit au Nord de la place en rive droite de la Meuse, sur une colline à 390 mètres d’altitude en arrière des forts de Vaux et Douaumont. A sa construction, l’ouvrage est considéré comme une redoute qui prendra l’appellation de fort après l’éloignement de la ligne de défense.

Sa mission est de surveiller les moyens de communication venant de Metz et les intervalles partant de l’ouvrage de Froideterre au fort de Tavannes. Cet emplacement très stratégique lui permettra de recevoir après la crise de l’obus Torpille, une batterie cuirassée extérieure non reliée au fort équipée de la première tourelle à éclipse. Cette tourelle expérimentale de type Bussière ne sera produite qu’a 1 exemplaire, elle avait été testée au camp de Châlon en 1888 en même temps qu’une tourelle tournante la Saint-Chamond qui sera installée au fort du Saint-Michel à Toul.

L’armement du fort à la veille de la Grande guerre

 

Pièces de rempart du fort

4 canons de 90 sur affût SP approvisionnés à 600 coups/pièce

2 mortiers lisses de 15 en réserve approvisionnés à 300 coups/pièce

 

Cuirassements et casemates

1 tourelle Bussière pour pièces de gros calibre sur la batterie annexe 8-2 armée de 2 canons de 155 long approvisionnés à 2000 coups.

 

Défense des fossés

1 caponnière double armée de 2 canons révolver approvisionnés à 1800 coups/pièce et de 2 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce.

3 caponnières simples armées chacune d’1 canon révolver approvisionné à 1800 coups et d’1 canon de 12 culasse approvisionné à 150 coups.

 

Total 16 pièces d’artillerie

 

Les différents éléments extérieurs à proximité du fort en 1914

 

Batterie d’artillerie

La batterie d’artillerie 8-1 armée de 4 canons de 90 sur affût SP

La batterie d’artillerie 8-3 armée 4 canons de 90 sur affût de campagne

La batterie d’artillerie 8-4 est une batterie de renforcement non armée

 

Ouvrages d’infanterie

Aucun

 

Abris de combat et abris caverne

Aucun

Dépôts intermédiaires

2 dépôts intermédiaires construits après 1888

 

Magasins de secteur

Pas de magasin de secteur

Projet de modernisation

 

· Aucun projet de modernisation après 1890

 

Modernisations

 

· 1884 - 1885 Agrandissement du casernement et construction d’un magasin à poudre d’une capacité de 78 tonnes de poudre noire

· 1890 - 1898 Construction d’un abri caverne pouvant recevoir 300 hommes, renforcement du magasin à poudre modèle 1874 par une carapace de béton spécial

· 1890 - 1891 Construction d’une batterie cuirassée à l’extérieur de l’ouvrage pouvant recevoir 14 places couchées, elle est équipée d’une tourelle Bussière

· 1890 - 1900 Connexion au réseau de voie de 60, installation d’un réseau de fils de fer autour de l’ouvrage et de grilles défensives sur le mur de contre-escarpe au dessus des caponnières et à l’entrée de l’abri caverne.

Armement du fort et cuirassements installés entre 1878 et 1910

Après la Grande Guerre, le fort sinistré tombera dans l’oubli. Aujourd’hui, c’est une vrai ruine pleine d’histoire, placé dans la zone rouge où des tonnes d’obus sont tombés sans avoir explosés. La batterie cuirassée a conservé ses cuirassements y compris sa tourelle Bussière qui mériterait un meilleur sort.

Le massif fortifié de Souville est une propriété ONF, des sentiers touristiques y sont aménagés où l’on peut voir les parties les plus intéressantes, mais l’intérieur des ouvrages reste interdit car ils sont très dangereux par leur état de conservation.

Plus de renseignements pour le circuit touristique http://www.verdun-tourisme.com/

En 1914, le fort de Souville est un ouvrage en maçonnerie peu modernisé qui possède un casernement et un magasin à poudre à l’épreuve. Son armement principal est placé à l’air libre, il est renforcé par une batterie cuirassée extérieure et par 4 batteries d’artillerie.

Equipement du fort en 1914

Etat du fort pendant la première guerre mondiale

 

· En août 1914, le fort, situé en deuxième ligne, n’ouvre pas le feu car il n’a aucune pièce d’artillerie à longue portée et la tourelle Bussière a de gros problèmes de fonctionnement. Elle ne sera opérationnelle quand octobre 1915 date à laquelle le fort ne possède plus que ses pièces de flanquement des fossés et l’armement de la tourelle. Les pièces de rempart et le tube de rechange étant partis sur le front.

· En janvier 1916, il reste assez de poudre noire dans les magasins pour prévoir une éventuelle destruction de l’ouvrage en cas d’approche de l’ennemie.

· Après la chute du fort de Douaumont le 25 février 1916, le fort de Souville, point stratégique, est bombardé plus intensément du fait de ses excellentes vues sur le champ de bataille.

· Du 24 février au 16 mars 1916, la batterie cuirassée tirera avec sa tourelle Bussière près de 600 obus avant qu’un incident se produise dans la chambre de tir sur un des deux canons, causant des avaries sérieuses qui empêcheront le bon fonctionnement de la tourelle. Cette dernière, ne pouvant être réparée à cause de la bataille, sera utilisée comme poste d’observation et de commandement du secteur.

· Fin mai 1916, le bombardement incessant détruit une à une les parties du fort non modernisées. La garnison et 900 hommes du secteur doivent s’abriter dans l’abri caverne et dans le magasin à poudre bétonné.

· Le 1er juin 1916 puis le 10 juillet 1916, deux obus de 420 explosent au dessus des deux galeries de l’abri caverne. La violence des explosions provoque l’effondrement des galeries qui relient le magasin à poudre bétonné.

· Du 23 juin au 9 juillet 1916, le fort, complètement bouleversé, subit plusieurs phases de violents bombardements aux gaz ou par des obus de gros calibre.

· L’attaque du 12 juillet 1916 est précédé par d’intenses tirs d’artillerie le 10 et 11 juillet sur les forts et positions françaises qui avaient déjà été violemment bombardés. De plus, une énorme quantité d’obus lacrymogènes et asphyxiants avaient été lancés dans la nuit du 10 au 11 juillet sur toute la rive droite de la Meuse

· Le 12 juillet, à 4 heures, le Commandant du fort de Souville est prévenu par le secteur que les Allemands débouchent de Fleury et des abords de la Chapelle Sainte-Fine, et marchent vers le fort. La garnison alertée se porte sur le dessus de l’ouvrage. Les mitrailleuses ouvrent rapidement le feu sur les Allemands qui, ayant dépassés la Chapelle Sainte-Fine et occupés la tranchée Géntry montent vers 8 heures à l’assaut du fort. Malgré les nombreuses victimes allemandes, ils arrivent à parvenir à proximité de l’ouvrage où les fossés ont quasiment disparus. Quelques allemands pénètrent dans l’ouvrage, mais les troupes qui défendent la superstructure les repoussent à la grenade et à la mitrailleuse.

· A 9 heures, la présence de l’ennemi sur le dessus du fort est signalée à l’artillerie française qui déclenche plusieurs tirs de 75 faisant quelques victimes parmi les défenseurs, mais n’empêchant pas ceux-ci de rester sur le fort pour en surveiller les abords. En même temps, l’ordre avait été donné à un peloton de notre 14ème Régiment d’Infanterie de venir aux abords du fort et au 25ème Bataillon de Chasseurs, alerté au tunnel de Tavannes, de contre-attaquer immédiatement et de reprendre le fort.

· A 14 heures, c’est à dire quelques heures après que les assaillants aient été repoussés par la garnison de Souville, les troupes de renfort, ralenties par des tirs de barrage, arrivent au fort. Quelques Allemands terrés dans des trous d’obus, sont faits prisonniers. Les nouveaux arrivants restèrent plusieurs jours au fort. Ils consommèrent une partie des provisions, alors que la garnison, bien que privée de ravitaillement, s’était abstenue d’y toucher. Par leur grand nombre dans les abris, les opérations de sauvetage et de déblaiement sont rendus difficiles.

· Les pertes de la garnison, du 10 au 12 juillet, furent lourdes. Sur un effectif total de 6 officiers et 263 hommes, il y eut un officier mort par intoxication, 3 officiers blessés ou intoxiqués y compris le Commandant du fort, 20 hommes tués ou morts par intoxication et 118 blessés, évacués ou disparus.

· Après cette date, le fort est quotidiennement bombardé et la ligne de front reste à proximité de l’ouvrage jusqu’au mois de septembre 1916.

· A la fin de la bataille en décembre 1916, le fort a été bombardé par plus de 38 000 obus de tous calibres causant d’importants dégâts dans les parties non modernisées. En effet, la totalité du casernement a disparu, l’entrée est en très mauvais état, et seule une caponnière simple est accessible. En revanche, le magasin à poudre a bien résisté grâce à sa carapace de béton qui le protégeait tandis que l’abri sous roc est percé à 3 endroits différents. La garnison a pu s’abriter, jusqu’au dernier moment et malgré des conditions difficiles dans ces abris .

· A partir de fin 1916, un réseau de 17 de 1040 mètres de long sera creusé sous l’ouvrage pour relier l’abri caverne à la batterie cuirassée. La tourelle Bussière est remise en état de marche, le tube défectueux est retiré sans être remplacé. Quelques petites modernisations y sont apportées en remplaçant la machine à vapeur qui permettait son fonctionnement par un moteur électrique de 12HP alimenté par une petite centrale. La tourelle reçoit aussi un observatoire cuirassé permettant de diriger ses tirs et relié à la batterie cuirassée par le réseau de galeries de 17. Dans cette même période, trois cloches Pamart à deux créneaux reliées au réseau de 17 sont installées sur les glacis autour du fort pour assurer la défense de ses abords. Deux cloches Pamart supplémentaires auraient du être installées, mais elles ne seront jamais montées.

Cliquer sur la tourelle du plan pour accéder aux photos et infos de la batterie cuirassée

L’entrée du fort après la bataille de 1916. Collection Lionel PRACHT

Une pièce de 155L sur le fort de Souville avant 1909. Collection Lionel PRACHT

L’entrée du fort  après la bataille de 1916. Collection Lionel PRACHT

Les fossés après la bataille de 1916. Collection Lionel PRACHT

L’entrée du fort  après la bataille de 1916. Collection Lionel PRACHT

Vue aérienne du fort le 6 septembre 1916. Collection Lionel PRACHT

Vue sur le fort après la grande guerre. Archives US

L’entrée du fort. Cliché VAUBOURG Julie

La caponnière de gorge. Cliché VAUBOURG Cédric

Le magasin à poudre . Cliché Jean Luc KALUZKO

Le vestibule du magasin à poudre .

Cliché Jean Luc KALUZKO

La galerie de l’entrée . Cliché VAUBOURG Cédric

La galerie de l’entrée . Cliché VAUBOURG Cédric

La chambre des lampes .

Cliché Jean Luc KALUZKO

L’accès au magasin à poudre. Cliché VAUBOURG Cédric

Un magasin aux cartouches. Cliché VAUBOURG Cédric

La galerie de fusillade sous l’entrée .

Cliché VAUBOURG Cédric

Un passage couvert près du magasin à poudre . Cliché VAUBOURG Cédric

La deuxième chambre de tir au coffre double d’escarpe de gorge . Cliché VAUBOURG Cédric

Un passage couvert crevé par un obus.

Cliché VAUBOURG Julie

L’accès au coffre double d’escarpe de gorge .

Cliché VAUBOURG Julie

Vestige du mécanisme du pont levis .

Cliché VAUBOURG Julie

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La galerie de fusillade sous l’entrée du fort.

Cliché VAUBOURG Cédric

Rectangle à coins arrondis: Suite des photos

Le canon de 155L dans la chambre de tir de la tourelle. Cliché VAUBOURG Cédric

L’entrée du fort de Souville.

Cliché VAUBOURG Julie

La cloche Pamart M4 du fort de Souville installée en 1917. Cliché VAUBOURG Julie

 

1878

1884

1890

1908

1910

Pièces de rempart

du fort

5 canons de 155 long

4 canons de 12

2 mortiers de 22

3 mortiers de 220

5 canons de 155 long

6 canons de 7

2 mortiers de 22

6 canons de 155 long

6 canons de 7

2 mortiers de 22

4 canons de 155 long

3 canons de 90

2 canons de 95

2 mortiers de 22

4 canons de 90

2 mortiers de 15

Cuirassements et

casemates

 

1 tourelle Bussière

sur la batterie annexe

Défense des fossés

4 canons révolver

4 canons de 12 culasse

Batteries annexes 8-1, 8-2,

8-3 et 8-4

4 canons de 95

6 canons de 120 long

1 canon de 7

2 canons de 120 long

3 canons de 155 long

8 canons de 90

Nb de pièces

26

28

33

26

24

Dates de construction

Coût des travaux en 1882

 

Effectif 314 hommes en 1882

· Juillet 1875 – Décembre 1877

· 963 714 Fr or

 

· 10 officiers, 304 soldats et sous-officiers

Effectif maximum

1914 - 350 hommes

1916 - 79 hommes

1914 - 150 hommes

Armement du fort fin 1915

· Aucune pièce de remparts

· 4 caponnières armées de 4 canons révolver et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions

· 1 tourelle Bussière armée de deux canons avec quelques obus

Armement du fort fin 1917

· 1 tourelle Bussière armée d’un seul canon et réapprovisionnée en munitions

· Le reste du fort est réarmé de mitrailleuses et  fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée

· 3 cloches Pamart à deux créneaux armées d’une mitrailleuse chacune

Garnison normale prévue au fort en 1914

 

· Infanterie : 4 officiers et 250 soldats

· Artillerie : 1 officier, 6 sous-officiers et 49 soldats

· Auxiliaires des places fortes : Aucun

· Génie : 3 sapeurs

· Télégraphie : 7 sapeurs pour le réseau électrique dont 1 officier et 2 sapeurs cyclistes chargés de la surveillance des lignes et des réparations

4 sapeurs pour le réseau optique

· COA : 3 officiers et 8 hommes dont 6 boulangers

· Service médicaux : Aucun

· Gardien de batterie : 1 homme

· Soit un effectif de 6 officiers et 427 soldats

Effectif à la mobilisation en 1914 à la première heure

 

· Infanterie : pas d’infanterie dans le fort, elle est placée dans le secteur

· Artillerie : 1 officier et 47 soldats du 5ème Régiment d’artillerie à pied

· Génie et services divers : 4 télégraphistes

Soit un effectif de 1 officier et  51 hommes

Coût des travaux en 1914

Capacité du casernement à l’épreuve

Capacité des casernement en maçonnerie

Capacité du magasin à poudre

 

Capacité du magasin aux cartouches

 

 

· 270 000 Fr or

· 150 places couchées dans l’abri caverne collé au fort

· Non utilisé en temps de paix

· 9 tonnes de poudre noire à la construction du fort, 87 tonnes en 1885

· 202 600 cartouches

Cuisine

 

Boulangerie

 

Puits et citernes

Pont de l’entrée principale

· 1 cuisinière François-Vaillant au fort et un fourneau Choumara à l’abri caverne

· 1 four à bois ou au charbon de 100 rations installé en 1885 et 1 four portatif en tôle

· 1 puits alimentant 2 citernes d’une contenance de 112 m3

· 1 pont levis

Communication liaison optique

 

 

Communication télégraphe électrique

 

 

 

 

Eclairage en 1914

· Avec le fort de La Chaume et la citadelle de Longwy

· Un appareil de calibre 14 ou de 24 en réserve à la place peut être affecté à l’ouvrage si nécessaire.

· Avec le central à la citadelle de Verdun, le poste de Bellevue, les ouvrages de Froideterre, de Thiaumont, de Laufée et avec les forts de Vaux, de Douaumont et de Tavannes  grâce à un appareil microphone système Ader et un morse de campagne modèle 1907

· Lampes à pétrole pour l’intérieur du fort, lampes à bougie pour la tourelle et oxyacétyléniques pour les fossés