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La batterie 6-3 Bois de Laufée

Le magasin M8 de Fleury

Le dépôt B de Souville

Le fort de Souville

La tourelle Bussière annexe

Le dépôt C de Souville

La batterie 8-5 de l’hôpital

Le dépôt I de Tavannes

La batterie 8-6 du tunnel

La batterie 6-9 de Tavannes

Le tunnel de Tavannes

Le fort de Tavannes

La batterie de Mardi-Gras

Le projecteur de Mardi-Gras

L’abri de combat LLM1

Le magasin de la Renarderie

L’abri de combat LLM2

L’ouvrage E d’Eix

Le projecteur d’Eix

La batterie 1-2 de Moulainville

Le dépôt J de Moulainville

Le fort de Moulainville

L’abri de combat MD1

L’abri de combat MD2

L’ouvrage F de Manesel

L’ouvrage de la Croix Brandier

Le magasin de Belrupt M3

Le fort de Belrupt

L’ouvrage de Déramé

L’ouvrage G de Châtillon

L’abri de combat DR1

Le dépôt K  du Rozelier

Le fort de Rozelier

Le dépôt X du Rozelier

L’abri de combat RSS1

L’ouvrage P de Jaulny

L’ouvrage des Réunis

Dépôt W de Saint Symphorien

L’abri de combat RSS2

L’ouvrage F de St-Symphorien

L’abri de combat SSH1

Le magasin d’Haudainville M4

Le fort d’Haudainville

Le dépôt T d’Haudainville

L’abri de combat HLF1

La batterie 6-6 de l’Ollier

Le fort de Génicourt

L’ouvrage de la Falouse

L’abri de combat LFD1

L’abri de combat LFD2

Le dépôt V de Dugny

Le fort de Dugny

L’abri de combat DL1

Dépôt U de Dugny-Landrecourt

L’abri de combat DL2

Le fort de Landrecourt

L’abri de combat LR1

Le dépôt L de Landrecourt

L’ouvrage I du Chapitre

Le magasin Champ de la Gaille

L’abri de combat LR2

Le fort de Regret

La batterie annexe 3-7

Batterie s 3-4 & 3-6 de Regret

L’ouvrage J de Baleycourt

Le dépôt M de Regret

L’abri de combat RS1

L’abri de combat RS2

Le fort de Sartelles

L’ouvrage K de Fromeréville

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Le dépôt N de la Chaume

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L’ouvrage de Chana

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Le fort de Bois Bourrus est construit au Nord-ouest de la place en rive gauche de la Meuse à une altitude de 310 mètres. Il surveille les moyens de communication menant à Sedan et à Varenne en Argonne. Il soutient aussi les forts de Choisel et de Marre en protégeant les intervalles entre ces deux ouvrages.

Ce fort est construit en pleine période de la crise de l’obus torpille, à la fin des travaux en 1886, il est déjà périmé.

L’armement du fort à la veille de la Grande guerre

 

Pièces de rempart du fort

1 section de 2 mitrailleuses de rempart modèle 1907 approvisionnée de 43200 cartouches

2 sections de 2 mitrailleuses sur affût trépieds modèle 1907 approvisionnées de 43200 cartouches

4 mortiers de 27 approvisionnés à 300 coups/pièce.

 

Cuirassements et casemates

3 tourelles de mitrailleuses GF4 armées chacune de 2 mitrailleuses Hotchkiss

approvisionnées de 57600 cartouches/tourelle.

2 casemates de Bourges armées chacune de 2 pièces de 75 sur affût de casemate approvisionnées à 500 coups/pièce.

 Elles possèdent chacune un tube de rechange.

2 observatoires cuirassés de commandement

4 guérites blindées de rempart

 

Défense des fossés

2 coffres simples de contre-escarpe armés chacun d'1 canon révolver approvisionné à 1800 coups et d’1 canon de 12 culasse approvisionné à 150 coups.

1 coffre double de contre-escarpe armé de 2 canons révolver approvisionnés à 1800 coups/pièce et de 2 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce.

1 caponnière double de gorge renforcée armée de 2 canons révolver approvisionnés à 1800 coups/pièce et de 2 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce.

 

 

Total 30 pièces d’artillerie

 

 

Les différents éléments extérieurs à proximité du fort en 1914

 

Batteries d’artillerie

La batterie d’artillerie 7-1 est armée de 4 canons de 90 sur affût de campagne

La batterie d’artillerie 7-1 bis est une batterie de renforcement non armée

La batterie d’artillerie 7-2 est armée de 4 canons de 120 long

La batterie d’artillerie 7-3 est armée de 4 canons de 155C

La batterie d’artillerie 7-1 bis est une batterie de renforcement non armée

La batterie d’artillerie 8-6 est armée de 4 canons de 95 sur affût SP

La batterie d’artillerie 7-1 bis est une batterie de renforcement non armée

 

Ouvrages d’infanterie

Ouvrage M des Bruyères construit de 1887 à 1888 possède un abri de rempart non à l'épreuve de 108 places assises.

 Il avait une garnison nominale de :

Infanterie : 1 officier et 76 soldats

Télégraphie : 1 homme

1 section de 2 mitrailleuses de rempart modèle 1907

 

Abris de combat et abris cavernes

Abri de combat CBB2 est un abri construit en 1899-1900 d’une compagnie ayant une capacité de 200 places

Abri de combat BBM1 est un abri construit en 1899-1900 d’une compagnie ayant une capacité de 200 places

 

 

Dépôts intermédiaires

Dépôt intermédiaire P de Bois-Bourrus construit vers 1891

Dépôt intermédiaire Z de Bois-Bourrus construit vers 1891

 

Magasins de secteur

Magasin de secteur M6 de Lombut est construit de 1890 à 1897

 

Projets de modernisation

 

Projet de 1890

· Renforcement du casernement officiers pour créer un casernement bétonné de 200 places, bétonnage de la citerne nord, du magasin à  poudre et trois traverses-abri. Construction de galeries bétonnées et d’un coffre simple de contrescarpe de gorge qui flanque le fossé gauche de gorge. Modification de la caponnière double de gorge en caponnière simple qui flanque le fossé droit de gorge et élargissement du fossé gauche au niveau de l’entrée.

 

Programme 1900

Coût des travaux 840 000 Frs

· Construction de trois coffres de contrescarpe, de deux casemates de Bourges et d’un abri de rempart pour 80 hommes.

· Installation de 3 tourelles de mitrailleuses et de deux observatoires cuirassés. Réorganisation des parapets d’infanterie et renforcement de la caponnière de gorge et des magasins à munitions.

 

Projet supplémentaire de 1908

 

· Installation d’une tourelles de 75 et de deux observatoires cuirassés.

 

Cuirassement supplémentaire

Prévu en 1914

· Construction d’une batterie cuirassée à l’extérieur du fort équipée de deux tourelles de 155R 07.

 

 

Modernisations

 

· 1891-1894 Construction d’un casernement bétonné en béton spécial de 190 places, d’une entrée de guerre et renforcement de certaines galeries du fort. Coût des travaux 399 905 frs

· 1890-1900 Connexion au réseau de voie de 60.

· 1904-1907 Renforcement de la caponnière de gorge et remplacement des trois caponnières de tête par trois coffres de contrescarpe. Construction de deux abris de rempart, de deux casemates de Bourges armées de deux pièces de 75 qui flanquent vers les forts de Marre et de Choisel. Installation d’un réseau de fils de fer autour de l’ouvrage et de grilles défensives au dessus des coffres de contrescarpe. Coût des travaux 789 410 Frs

· 1904-1906 Installation de deux observatoires cuirassés et de trois tourelles de mitrailleuses qui seront prêtes à tirer le 30 juillet 1906. Coût des travaux 163 000 Frs

· 1905-1914 Installation d’une ventilation manuelle pour les casernements bétonnés.

· 1913-1914 Début des travaux de la tourelle de 75 R05, qui seront stoppés à la déclaration de guerre. Les bétonnages du bloc seront complètement terminé. Coût des travaux 206 097 frs

· 1914-1915 Les travaux devaient commencés pour la construction d’une batterie cuirassée à l’extérieur du fort pour deux tourelles de 155R, le projet venant d’être approuvé par le Ministre.

En août 1914, le fort de Bois-Bourrus est un ouvrage modernisé de première catégorie de la 6ème région en plein travaux. Le bloc de la tourelle de 75 n’est pas terminé, la guerre mettant fin aux travaux, mais le cuirassement arrivera quand même en gare de Verdun en août 1914. Pour ne pas fragiliser cette partie du fort, on fermera le puits de la tourelle avec du béton et des rails de chemin de fer. L’armement principal du fort est placé sous casemates bétonnées et tourelles cuirassées

 

Equipement du fort en 1914

Vue sur l’arrière de l’entrée pendant la Grande Guerre depuis le parapet bétonné de la tourelle de mitrailleuses du saillant 1.  Collection Lionel PRACHT

En 1940, le fort connaitra à nouveau l’épreuve du feu avant de se rendre à l’ennemi en juin. La tourelle de mitrailleuses du saillant 2 sera endommagée par les combats la rendant inutilisable. En 1943, les cuirassements et une grande partie des éléments métalliques seront ferraillés par l’occupant sous l’’organisation Todd.

Aujourd'hui, le fort fait parti des ouvrages les plus intéressants de la place, car on peut y voir le bloc de la tourelle de 75 non terminé, mais aussi un grand nombre de vestiges comme des ventilateurs ou des grilles. Propriété de l’armée, l’ouvrage est entièrement fermé depuis juin 2008. Son accès est interdit et dangereux.

Armement du fort et cuirassements installés entre 1885 et 1910

Une chambrée du casernement en béton spécial qui possède encore ses lits.

Cliché VAUBOURG Cédric

Le sous sol de la casemate de Bourges Sud-Est. Cliché VAUBOURG Cédric

Vue aérienne du fort le 21 mai 1916

Collection Lionel PRACHT

Un soldat Français à l’entrée du fort au début de la Grande Guerre.

 Collection Lionel PRACHT

Photo allemande de la tourelle de mitrailleuses du saillant 3 en 1940.

Collection Lionel PRACHT

Photo allemande de 1940 avec une vue sur la caponnière de gorge et les casernements.

Collection Lionel PRACHT

Photo allemande de l’entrée du fort en 1940.

Collection Lionel PRACHT

Une des cours du casernement de paix en 1940. Collection Lionel PRACHT

Photos allemandes de l’entrée du fort, de l’observatoire bétonné de la casemate de Bourges Sud-ouest et de la façade du coté droit du coffre double de contre-escarpe en 1940.

Collection Lionel PRACHT

Photo allemande de 1940 du casernement de paix.

 Collection Lionel PRACHT

Une pièce d’artillerie en juin 1915 dans une batterie d’artillerie à proximité du fort. Collection Lionel PRACHT

La station d’aéronef début 1915 à proximité du fort.

Collection Lionel PRACHT

La cuisine de la troupe du temps de paix. Cliché VAUBOURG Cédric

L‘entrée du fort . Cliché VAUBOURG Julie

Détail de l’entrée . Cliché VAUBOURG Julie

Le casernement du temps de paix . Cliché VAUBOURG Cédric

La boulangerie. Cliché VAUBOURG Cédric

L’arrière des chambrées du casernement de paix

Cliché VAUBOURG Julie

www.fortiffsere.fr VAUBOURG Cédric et Julie © COPYRIGHT Mentions légales

Un lavoir dans le casernement de paix. Cliché VAUBOURG Cédric

Une chambrée du casernement de paix.

Cliché VAUBOURG Cédric

Détail de l’architecture du casernement de paix.

Cliché VAUBOURG Cédric

Le magasin a poudre. Cliché VAUBOURG Cédric

Une galerie derrière les chambrées. Cliché VAUBOURG Cédric

L’intérieur d’une chambrée Cliché VAUBOURG Cédric

Une autre chambrée du casernement de paix.

Cliché VAUBOURG Cédric

Un passage entre les chambrées. Cliché VAUBOURG Cédric

Détail d’un puits de lumière derrière les chambrées

Cliché VAUBOURG Cédric

Le vestibule du magasin à poudre

Cliché VAUBOURG Cédric

Rectangle à coins arrondis: Suite des photos

 Travaux exécutés dans le fort pendant l’attaque de Verdun

Les issues et les entrées du casernement se voient équipées de chicanes en maçonnerie ou sacs de terre, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades.

Un tunnel de sortie a été construit en grande galerie. Il a 260 m de long et aboutit au dépôt intermédiaire Z situé sur la route allant à l’ouvrage des Bruyères. Ce dépôt a été en outre relié aux abris voisins qui possèdent 16 débouchés et dans lesquels un bataillon peut être logé. Le ciel du tunnel est protégé par une épaisseur de terre et de roc variant de 8,50 m (à son origine au dépôt intermédiaire) à 18 m.

Ce tunnel se continue, sous le fort, par des galeries de 17 reliées au casernement bétonné, ayant une protection comparable et aboutissant à tous les organes du fort. Des casemates logements ouvrent sur ces galeries.

On peut aller ainsi, à l’abri, de ces logements ou de la caserne bétonnée à tous les organes du fort (casemates de Bourges, tourelles de mitrailleuses, coffres de contre-escarpe). En outre, un emplacement pour mitrailleuses a été installé dans une casemate Pamart à deux créneaux en dehors et au nord du fort. Il est relié au réseau des galeries souterraines de 17.

Un puits, d’une profondeur de 42 m au-dessous de ces galeries auxquelles il est relié, a été creusé à l’intérieur du fort et donne en abondance une eau excellente.

Tous ces travaux ont été faits au moyen d’un groupe compresseur, arrivé au fort le 5 août 1916.

Le fort est éclairé à la lumière électrique.

En 1917, le réseau de galeries de 17 atteint 1160 mètres de long et l’abri caverne des galeries est pressurisé afin de protéger les soldats des gaz de combat. La machine de filtration sera installée dans un réduit anti-gaz.

Etat du fort pendant la première guerre mondiale

Rôle du fort au début de la guerre

Grâce à ses observatoires permettant d’avoir des vues étendues sur toute la région, le fort des Bois-Bourrus avait, au début de la guerre, une assez grande importance. Son rôle était d’observer attentivement tous les mouvements de troupes, tant françaises qu’allemandes, pouvant intéresser le Gouverneur de Verdun, et ordre était donné au fort et aux batteries avoisinantes de tirer contre les colonnes ennemies dès que les pièces pourraient utilement entrer en action.

Vers la fin d’Août 1914, les troupes françaises du 6ème corps d’Armée et des Groupes de Divisions de réserve vinrent occuper le front Apremont-Guisu-Côte 281 (nord de Bethincourt)-Bois de Forges.

Le 04 Septembre, lors de la retraite française, ces troupes se replièrent au sud du fort : le 6ème corps d’Armée se porta dans la région Récicourt- Dombasle-Ville sur Cousances.

La 54ème Division de Réserve vint dans la région Blercourt-Nixéville-Vadelaincourt. La 72ème Division de Réserve, qui appartenait à la Place de Verdun et qui était à Esnes au commencement de Septembre, envoya une partie de ses troupes à Sivry la Perche et une autre à Bras et Vacherauville pour couvrir la Place.

La défense du front Bois-Bourrus-Marre restait confiée aux troupes du 3ème secteur de la Place. D’ailleurs, l’ennemi se contenta d’envoyer dans la région, le 4 septembre, des patrouilles de uhlans, surtout aux environs de Cumières et de Chattancourt. Elles furent repoussées par des patrouilles françaises fournies par le fort des Bois-Bourrus. D’autres patrouilles furent, les jours suivants, envoyées par le fort pour déterminer l’emplacement exact de l’ennemi.

Celui-ci, dans sa poursuite de l’armée française passa à l’ouest de Verdun et n’essaya même pas d’occuper le plateau de Sivry la Perche.

Aussi les troupes mobiles de la Place suivirent-elles les mouvements de l’ennemi : c’est ainsi que la 72ème Division de Réserve, ralliant ses éléments occupant Sivry la Perche et laissant la défense du front ouest de Verdun aux troupes de secteur, vint se porter dans la région de Vadelaincourt, menaçant les communications de l’armée du Kronprinz et assurant la liaison avec la Place de Verdun du 6ème corps d’Armée qui occupait le 8 septembre la région Vaubecourt-Evres-Bulainville.

Ce jour là, l’ennemi tira une douzaine d’obus sur le fort des Bois-Bourrus. Le 1er coup tomba sur le fort à 16h23. Les dégâts furent insignifiants : quelques trous, dans les terrassements, ayant 0,50 m de profondeur et 1 m de diamètre.

Au moment où l’armée française prit l’offensive, le 15ème corps d’Armée se substitua au 6ème et se dirigea le 15 septembre vers le nord par Bethelainville. Du 16 au 18, le Général ESPINASSE, Commandant le 15ème corps d’Armée, établit son P.C. au fort des Bois-Bourrus.

Après divers combats, dans lesquels le fort n’intervint que par ses observatoires, les lignes se stabilisèrent jusqu’au moment de l’attaque de Verdun (21 février 1916).

Pendant l’année 1915, le fort des Bois-Bourrus, situé à 8 km des postions ennemies du bois de Forges, ne fut pas bombardé.

Vers la fin de 1915 et au commencement de 1916, on étudia et prépara des dispositifs de destruction des principaux organes du fort, au cas où il deviendrait nécessaire d’abandonner celui-ci. C’est ainsi que le 25 février 1916, on chargea les fourneaux préparés pour faire sauter l’escarpe et la contrescarpe vers le saillant sud-ouest et on mit en place les dispositifs de destruction des casemates de Bourges.

Ces dispositifs furent déchargés : les premiers à la suite de la Note du 26 avril 1916 du Général Cdt la 2ème Armée, les seconds, dès que l’on réarma les casemates de Bourges.

Garnison du fort

La garnison du fort fut reconstituée en mars 1916 et comprenait une compagnie d’infanterie, des détachements d’artillerie et du génie. Par la suite (17 avril) on y ajouta deux sections de mitrailleuses de position.

Le rôle du fort était en même temps précisé ; il devait tenir à tout prix.

Le Capitaine MASFRAND, du 19ème Régiment de Chasseurs fut nommé au commandement du fort ; il fut par la suite remplacé par le Commandant NOEL, du 142ème Régiment d’Infanterie (13 Mai).

Les casemates de Bourges, désarmées en partie à la fin 1915, furent réarmées. Il y avait, au 01 avril, 2 pièces dans la casemate de droite et une dans celle de gauche ; le 13 avril, le 2ème canon de la casemate de gauche fut monté au fort.

Le fort fut doté de 2 canons de 58 et de 16 mitrailleuses, y compris celles des sections de mitrailleuses de garnison.

Le fort était, à cette époque, occupé non seulement par sa garnison propre, mais encore par nombre d’éléments étrangers (Etats-Majors de division, d’artillerie, observateurs, agents de liaison, etc.). Le Commandant du fort était relégué dans un local étroit, avec un Officier d’artillerie.

Le Général Commandant l’Armée, devant cet état de choses, prescrivit de faire évacuer le fort par tous les éléments étrangers à la garnison, et de n’y conserver que des postes d’observation (30 mai 1916).

Dès le 5 juin, il n’y avait plus au fort, comme élément étrangers, que des observateurs d’artillerie.

 

Bombardement du fort

Les bombardements du fort par obus de gros calibre (210 et 380) furent effectués surtout dans les premiers jours de l’attaque de Verdun ; à partir de la 2ème quinzaine d’avril, le fort ne reçut plus que des projectiles de 150 ou d’un calibre inférieur. Au commencement de mai, des obus lacrymogènes furent envoyés sur le fort.

Un de ces projectiles de 380 tombant sur la contrescarpe de gorge y a produit une brèche de 5 m de longueur et 4 m de hauteur. Un autre, tombant sur le dessus du fort, ébranla une cheminée d’aération.

Un autre projectile de gros calibre vint éclater sur le mur de façade du couloir desservant les locaux bétonnés près d’une embrasure, en y produisant un entonnoir de 0,50 m de profondeur et de 1 m de diamètre ; une fissure assez importante fut constatée en outre sur le parement intérieur du mur.

Un projectile de 210, éclatant à proximité d’une guérite observatoire, la déchaussa complètement. Un obus de 150 tomba près de l’observatoire en capitale : il glissa sur le béton en le désagrégeant sur une longueur de 1,50 m à 2 m, une largeur de 0,50 et une profondeur de 0,10 à 0,20.

Tous les projectiles tombés sur le fort démolirent des murs en maçonnerie ordinaire, percèrent en quelques endroits les façades du casernement du temps de paix, détériorèrent le pont-levis, etc...

Le nombre d’obus tombés sur le fort et aux environs immédiats, depuis le mois de mai 1916, jusqu’en octobre 1917 atteint 17.500 environ. Sur ce nombre, 6.000 seulement sont tombés à l’intérieur même du fort.

La grande majorité de ces projectiles est du calibre de 105 ou de 150 ; les projectiles du calibre de 150 n’entrent dans le total que pour 1/5 environ.

Le calibre relativement faible des projectiles reçus par le fort explique le peu d’importance des dégâts ; le casernement du temps de paix est toujours debout ; seules ses façades sont quelques peu abîmées. Les fossés et les organes de flanquement sont en bon état ; le réseau de fil de fer existe toujours ; les tourelles de mitrailleuses fonctionnent parfaitement, bien qu’ayant reçu les 16 et 21 juin 1916 des obus de 150 soit sur leur calotte, soit tout à proximité.

Les soldats devant le casernement de paix en 1915.

Collection Lionel PRACHT

Les soldats devant le casernement de paix en 1915.

Collection Lionel PRACHT

Les soldats en 1915 dans la rue des remparts près de la tourelle de mitrailleuses du saillant 4. Collection Cédric VAUBOURG

Les soldats devant le casernement de paix en 1915.

Collection VAUBOURG Cédric

Le fort de Bois Bourrus ou fort Molitor ou fort de Caurra

Photos allemandes de la tourelle de mitrailleuses du saillant 2 du fort endommagées par les combats de 1940

Collection Lionel PRACHT

Les soldats devant l’entrée de la casemate de Bourges de droite, devant le casernement de paix  et dans la rue des remparts en 1915.

Collection Lionel PRACHT

Dates de construction

Coût des travaux en 1887

 

Effectif en 1890

· 1884 - 1886

· 1 386 231 Frs

 

· 290 hommes

Effectif maximum

· 1914 - 197 hommes

· 1916 - 197 hommes

· 1917 - 150 hommes

Armement du fort fin 1915

· Aucune pièce de rempart

· 3 coffres de contre-escarpes et une caponnière renforcée armés de 6 canons révolver et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions

· 2 casemates de Bourges désarmées sans munition

· 3 tourelles de mitrailleuses armées

Armement du fort en 1917

· Le fort est réarmé de 16 mitrailleuses et fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée et de 2 canons de 58.

· 3 coffres de contre-escarpe et une caponnière renforcée armés de 6 canons revolver et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions

· 2 casemates de Bourges  armées et réapprovisionnées en munitions

· 3 tourelles de mitrailleuses  armées et réapprovisionnées en munitions

· 1 Cloche Pamart à deux créneaux armée d’une mitrailleuse

Garnison normale prévue de l’ouvrage en 1914

 

· Infanterie : 4 officiers et 276 soldats

· Artillerie : 1 officier, 10 sous-officiers et 58 soldats

· Auxiliaires des places fortes : 7 hommes

· Génie : 1 officier, 2 sous-officiers et 16 sapeurs

· Télégraphie : 2 sapeurs pour le réseau électrique

· COA : 1 officier et 8 hommes dont 6 boulangers

· Service médicaux : 1 médecin et 2 infirmiers

· Gardien de batterie : 1 homme

Soit un effectif de 7 officiers et 445 soldats

Effectif à la mobilisation en 1914 à la première heure

 

· Infanterie : 2 officiers et 105 soldats du 165ème RI

· Artillerie : 2 officiers et 48 soldats du 5ème régiment d’artillerie à pied

· Génie et services divers : 3 soldats et 1 télégraphiste

Soit un effectif de 161 hommes

Coût des travaux en 1914

Capacité du casernement à l’épreuve

Capacité des casernement en maçonnerie

Capacité du magasin à poudre

 

Capacité du magasin aux cartouches

 

 

· 2 950 000 Frs

· 193 places couchées et 140 places assises

· Environ 290 places

· 50 tonnes de poudre noire à la construction, 75 tonnes en 1885

· Deux magasins à la construction du fort

Cuisine

Boulangerie

 

Puits et citernes

 

 

 

Pont de l’entrée principale

· 2 à 3 cuisinières de marque François Vaillant

· 1 four au bois ou au charbon de 200 rations et 1 four portatif en tôle

· 1 source Rouby à droite du fort qui alimente des citernes 1 puits à l’intérieur de l’ouvrage et une canalisation en fonte dure venant de Verdun qui alimente un réservoir métallique de 30 m3

· 1 pont à bascule en dessous

Communication liaison optique

 

Communication télégraphe électrique

 

 

Eclairage en 1914

· Un appareil de calibre 14 ou de 24 en réserve à la place peut être affecté à l’ouvrage si nécessaire.

· Avec le central à la citadelle de Verdun, et le poste de Jardin - Fontaine grâce à un appareil microphone système Ader et un morse de campagne modèle 1907 

· Lampes à pétrole pour l’intérieur du fort, lampes à bougie pour les tourelles et oxyacétyléniques pour les fossés

 

1885

1890

1908

1910

Pièces de rempart

du fort et des

2 canons de 155 long

8 canons de 120 long

2 canons de 95

2 mortiers de 15

7 canons de 155 long

2 canons de 120 long

2 canons de 95

2 canons de 95

4 canons de 120 long

4 mortiers de 27

Cuirassements

et casemates

 

2 casemates de Bourges

3 tourelles de mitrailleuses

2 observatoires cuirassés

4 guérites blindées

Défense des fossés

Les caponnières ne sont pas encore construites

6 canons révolver

4 canons de 12 culasse

Nb de pièces

14

21

26

24