Le fort de Bois Bourrus est construit au Nord-ouest de la place en rive gauche de la Meuse à une altitude de 310 mètres. Il surveille les moyens de communication menant à Sedan et à Varenne en Argonne. Il soutient aussi les forts de Choisel et de Marre en protégeant les intervalles entre ces deux ouvrages.

Ce fort est construit en pleine période de la crise de l’obus torpille, à la fin des travaux en 1886, il est déjà périmé.

L’armement du fort à la veille de la Grande guerre

 

Pièces de rempart du fort

1 section de 2 mitrailleuses de rempart modèle 1907 approvisionnée de 43200 cartouches

2 sections de 2 mitrailleuses sur affût trépieds modèle 1907 approvisionnées de 43200 cartouches

4 mortiers de 27 approvisionnés à 300 coups/pièce.

 

Cuirassements et casemates

3 tourelles de mitrailleuses GF4 armées chacune de 2 mitrailleuses Hotchkiss

approvisionnées de 57600 cartouches/tourelle.

2 casemates de Bourges armées chacune de 2 pièces de 75 sur affût de casemate approvisionnées à 500 coups/pièce.

 Elles possèdent chacune un tube de rechange.

2 observatoires cuirassés de commandement

4 guérites blindées de rempart

 

Défense des fossés

2 coffres simples de contre-escarpe armés chacun d'1 canon révolver approvisionné à 1800 coups et d’1 canon de 12 culasse approvisionné à 150 coups.

1 coffre double de contre-escarpe armé de 2 canons révolver approvisionnés à 1800 coups/pièce et de 2 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce.

1 caponnière double de gorge renforcée armée de 2 canons révolver approvisionnés à 1800 coups/pièce et de 2 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce.

 

 

Total 30 pièces d’artillerie

 

 

Les différents éléments extérieurs à proximité du fort en 1914

 

Batteries d’artillerie

La batterie d’artillerie 7-1 est armée de 4 canons de 90 sur affût de campagne

La batterie d’artillerie 7-1 bis est une batterie de renforcement non armée

La batterie d’artillerie 7-2 est armée de 4 canons de 120 long

La batterie d’artillerie 7-3 est armée de 4 canons de 155C

La batterie d’artillerie 7-1 bis est une batterie de renforcement non armée

La batterie d’artillerie 8-6 est armée de 4 canons de 95 sur affût SP

La batterie d’artillerie 7-1 bis est une batterie de renforcement non armée

 

Ouvrages d’infanterie

Ouvrage des Bruyères construit en 1888 possède un abri de rempart non à l'épreuve de 108 places assises.

 Il avait une garnison nominale de :

Infanterie : 1 officier et 76 soldats

Télégraphie : 1 homme

1 section de 2 mitrailleuses de rempart modèle 1907

 

Abris de combat et abris cavernes

Abri de combat CBB2 est un abri construit en 1899-1900 d’une compagnie ayant une capacité de 200 places

Abri de combat BBM1 est un abri construit en 1899-1900 d’une compagnie ayant une capacité de 200 places

 

 

Dépôts intermédiaires

2 dépôts intermédiaires construit après 1888

 

Magasins de secteur

Aucun

 

Projet de modernisation

 

Projet de 1890

· Renforcement du casernement officiers pour créer un casernement bétonné de 200 places, bétonnage de la citerne nord, du magasin à  poudre et trois traverses-abri. Construction de galeries bétonnées et d’un coffre simple de contre-escarpe de gorge qui flanque le fossé gauche de gorge. Modification de la caponnière double de gorge en caponnière simple qui flanque le fossé droit de gorge et élargissement du fossé gauche au niveau de l’entrée.

 

Programme 1900

Coût des travaux 840 000 Fr or

· Construction de trois coffres de contre-escarpe, de deux casemates de Bourges et d’un abri de rempart pour 80 hommes.

· Installation de 3 tourelles de mitrailleuses et de deux observatoires cuirassés. Réorganisation des parapets d’infanterie et renforcement de la caponnière de gorge et des magasins à munitions.

 

Projet supplémentaire de 1908

 

· Installation d’une tourelles de 75 et de deux observatoires cuirassés.

 

Cuirassement supplémentaire

Prévu en 1914

· Construction d’une batterie cuirassée à l’extérieur du fort équipée de deux tourelles de 155R 07.

 

 

Modernisations

 

· 1892-1894 Construction d’un casernement bétonné en béton spécial de 190 places, d’une entrée de guerre et renforcement de certaines galeries du fort.

· 1890-1900 Connexion au réseau de voie de 60.

· 1904-1907 Renforcement de la caponnière de gorge et remplacement des trois caponnières de tête par trois coffres de contre-escarpe. Construction de deux abris de rempart, de deux casemates de Bourges armées de deux pièces de 75 qui flanquent vers les forts de Marre et de Choisel. Installation d’un réseau de fils de fer autour de l’ouvrage et de grilles défensive au dessus des coffres de contre-escarpe.

· 1904-1906 Installation de trois tourelles de mitrailleuses qui seront prêtes à tirer le 30 juillet 1906.

· 1905-1914 Installation d’une ventilation manuelle pour les casernements bétonnés.

· 1913-1914 Début des travaux de la tourelle de 75 R05, qui seront stoppés à la déclaration de guerre. Le bloc sera complètement terminé.

· 1914-1915 Les travaux devaient commencés pour la construction d’une batterie cuirassée à l’extérieur du fort pour deux tourelles de 155R, le projet venant d’être approuvé par le Ministre.

En août 1914, le fort de Bois-Bourrus est un ouvrage modernisé de première catégorie de la 6ème région en plein travaux. Le bloc de la tourelle de 75 n’est pas terminé, la guerre mettant fin aux travaux, mais le cuirassement arrivera quand même en gare de Verdun en août 1914. Pour ne pas fragiliser cette partie du fort, on fermera le puits de la tourelle avec du béton et des rails de chemin de fer. L’armement principal du fort est placé sous casemates bétonnées et tourelles cuirassées

 

Equipement du fort en 1914

Etat du fort pendant la première guerre mondiale

 

· 8 septembre 1914, le fort est le premier ouvrage de la place a être bombardé lors de la première bataille de la Marne par des obus de moyen calibre.

· Fin 1915, désarmement progressif du fort pour envoyer les pièces d’artillerie et les munitions pouvant aller sur le front.

· En janvier 1916, il reste assez de poudre noire dans les magasins pour prévoir une éventuelle destruction de l’ouvrage en cas d’approche de l’ennemi.

· Dès le début de la bataille, à partir du 21 février 1916, le fort est bombardé par des obus de tous calibres (allant du plus petit calibre au 380mm).

· A partir de la 2ème quinzaine d’avril, l’ouvrage ne reçoit plus que des projectiles de 150 ou d’un calibre inférieur.

· En mai 1916, le fort a été visé par des obus lacrymogènes.

· Un état des lieux est établi en mai 1916 pour faire un résumé de la situation du fort depuis le début de la bataille. La situation est la suivante :

Suite à l’impact d’un obus de 380, la contrescarpe du fossé de gorge est démolie sur une longueur de 5 mètres et une hauteur de 4 mètres. Un autre obus du même calibre est venu exploser près d’une cheminée d’aération des casernements. Un dernier projectile de gros calibre est venu finir sa course sur le mur de façade du couloir desservant les locaux bétonnés en produisant un entonnoir de 1 m de diamètre et 50 cm de profondeur dans le sol et une importante fissure sur le parement intérieur du mur.

Un projectile de 210 a éclaté à proximité d’une guérite blindée ce qui la déchaussa complètement.

Les nombreux projectiles tombés sur le fort ont démoli des murs en maçonnerie ordinaire, ont percé en quelques endroits les façades du casernement du temps de paix et ont détérioré le pont-levis.

Le nombre d’obus tombés sur le fort et aux environs, depuis le mois de mai 1916 jusqu’en octobre 1917, est estimé à 17 500. Sur ce nombre, 6000 seulement sont tombés à l’intérieur même du fort. La grande majorité de ces projectiles était d’un calibre de 105 ou de 150mm, expliquant le peu d’importance des dégâts. Les fossés, le casernement de paix et les organes de flanquement sont en bon état, le réseau de fil de fer existe toujours et les tourelles de mitrailleuses fonctionnent parfaitement, bien qu’elles ont reçues les 16 et 21 juin 1916 des obus de 150mm sur leur calotte ou à proximité.

· Mars 1916-1918, les issues et les entrées du fort se voient équipées de chicanes en maçonnerie ou sacs de terre, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades. Un réseau de galeries de 17 d’une longueur de 1160 mètres sera creusé sous l’ouvrage et une cloche Pamart à deux créneaux sera installée sur les glacis autour du fort pour renforcer la défense des abords. Le fort est électrifié pour l’éclairage et la ventilation des locaux grâce à des groupes électrogènes.

Vue sur l’arrière de l’entrée pendant la Grande Guerre depuis le parapet bétonné de la tourelle de mitrailleuses du saillant 1.  Collection Lionel PRACHT

En 1940, le fort connaitra à nouveau l’épreuve du feu avant de se rendre à l’ennemi en juin. La tourelle de mitrailleuses du saillant 2 sera endommagée par les combats la rendant inutilisable. En 1943, les cuirassements et une grande partie des éléments métalliques seront ferraillés par l’occupant sous l’’organisation Todd.

Aujourd'hui, le fort fait parti des ouvrages les plus intéressants de la place, car on peut y voir le bloc de la tourelle de 75 non terminé, mais aussi un grand nombre de vestiges comme des ventilateurs ou des grilles. Propriété de l’armée, l’ouvrage est entièrement fermé depuis juin 2008. Son accès est interdit et dangereux.

La façade du poste de garde et de la chambrée des sous officiers comptables. Cliché VAUBOURG Julie

Armement du fort et cuirassements installés entre 1885 et 1910

Une chambrée du casernement bétonné séparée en deux parties pour le commandant et les officiers. Cliché VAUBOURG Cédric

Le sous sol de la casemate de Bourges Sud-Est. Cliché VAUBOURG Cédric

Vue aérienne du fort le 21 mai 1916

Collection Lionel PRACHT

Un soldat Français à l’entrée du fort au début de la Grande Guerre.

 Collection Lionel PRACHT

Photo allemande de la tourelle de mitrailleuses de saillant 3 en 1940.

Collection Lionel PRACHT

Photo allemande de 1940 avec une vue sur la caponnière de gorge et les casernements.

Collection Lionel PRACHT

Photo allemande de l’entrée du fort en 1940.

Collection Lionel PRACHT

Une des cour du casernement de paix en 1940. Collection Lionel PRACHT

Le fort de Bois Bourrus ou fort Molitor ou fort de Caurra

Photos allemandes de l’entrée du fort, de l’observatoire bétonné de la casemate de Bourges Sud-ouest et de la façade du coté droit du coffre double de contre-escarpe en 1940.

Collection Lionel PRACHT

Photo allemande de 1940 du casernement de paix.

 Collection Lionel PRACHT

Photos allemandes de la tourelle de mitrailleuses du saillant 2 du fort endommagées par les combats de 1940

Collection Lionel PRACHT

Une pièce d’artillerie en juin 1915 dans une batterie d’artillerie à proximité du fort. Collection Lionel PRACHT

La station d’aéronef début 1915 à proximité du fort. Collection Lionel PRACHT

La cuisine de la troupe du temps de paix. Cliché VAUBOURG Cédric

L‘entrée du fort . Cliché VAUBOURG Julie

Détail de l’entrée . Cliché VAUBOURG Julie

Le casernement du temps de paix . Cliché VAUBOURG Cédric

La boulangerie. Cliché VAUBOURG Cédric

L’arrière des chambrées du casernement de paix

Cliché VAUBOURG Julie

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Un lavoir dans le casernement de paix. Cliché VAUBOURG Cédric

Une chambrée du casernement de paix.

Cliché VAUBOURG Cédric

Détail de l’architecture du casernement de paix.

Cliché VAUBOURG Cédric

Le magasin a poudre. Cliché VAUBOURG Cédric

Une galerie derrière les chambrées. Cliché VAUBOURG Cédric

L’intérieur d’une chambrée Cliché VAUBOURG Cédric

Une autre chambrée du casernement de paix.

Cliché VAUBOURG Cédric

Un passage entre les chambrées. Cliché VAUBOURG Cédric

Détail d’un puits de lumière derrière les chambrées

Cliché VAUBOURG Cédric

Le vestibule du magasin à poudre

Cliché VAUBOURG Cédric

Rectangle à coins arrondis: Suite des photos

Dates de construction

Coût des travaux en 1914

 

Effectif en 1890

· 1884 - 1886

· 2 950 000 Fr or

 

· 290 hommes

Effectif maximum

· 1914 - 197 hommes

· 1916 - 197 hommes

· 1917 - 150 hommes

Armement du fort fin 1915

· Aucune pièce de rempart

· 3 coffres de contre-escarpes et une caponnière renforcée armés de 6 canons révolver et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions

· 2 casemates de Bourges désarmées sans munition

· 3 tourelles de mitrailleuses armées

Armement du fort en 1917

· Le fort est réarmé de 16 mitrailleuses et fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée et de 2 canons de 58.

· 3 coffres de contre-escarpe et une caponnière renforcée armés de 6 canons revolver et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions

· 2 casemates de Bourges  armées et réapprovisionnées en munitions

· 3 tourelles de mitrailleuses  armées et réapprovisionnées en munitions

· 1 Cloche Pamart à deux créneaux armée d’une mitrailleuse

Garnison normale prévue de l’ouvrage en 1914

 

· Infanterie : 4 officiers et 276 soldats

· Artillerie : 1 officier, 10 sous-officiers et 58 soldats

· Auxiliaires des places fortes : 7 hommes

· Génie : 1 officier, 2 sous-officiers et 16 sapeurs

· Télégraphie : 2 sapeurs pour le réseau électrique

· COA : 1 officier et 8 hommes dont 6 boulangers

· Service médicaux : 1 médecin et 2 infirmiers

· Gardien de batterie : 1 homme

Soit un effectif de 7 officiers et 445 soldats

Effectif à la mobilisation en 1914 à la première heure

 

· Infanterie : 2 officiers et 105 soldats du 165ème RI

· Artillerie : 2 officiers et 48 soldats du 5ème régiment d’artillerie à pied

· Génie et services divers : 3 soldats et 1 télégraphiste

Soit un effectif de 161 hommes

Coût des travaux en 1914

Capacité du casernement à l’épreuve

Capacité des casernement en maçonnerie

Capacité du magasin à poudre

 

Capacité du magasin aux cartouches

 

 

· 2 950 000 Fr or

· 193 places couchées et 140 places assises

· Environ 290 places

· 50 tonnes de poudre noire à la construction, 75 tonnes en 1885

· Deux magasins à la construction du fort

Cuisine

Boulangerie

 

Puits et citernes

 

 

 

Pont de l’entrée principale

· 2 à 3 cuisinières de marque François Vaillant

· 1 four au bois ou au charbon de 200 rations et 1 four portatif en tôle

· 1 source Rouby à droite du fort qui alimente les citernes, 1 puits à l’intérieur de l’ouvrage et une canalisation en fonte dure venant de Verdun qui alimente un réservoir métallique de 30 m3

· 1 pont à bascule en dessous

Communication liaison optique

 

Communication télégraphe électrique

 

 

Eclairage en 1914

· Un appareil de calibre 14 ou de 24 en réserve à la place peut être affecté à l’ouvrage si nécessaire.

· Avec le central à la citadelle de Verdun, et le poste de Jardin - Fontaine grâce à un appareil microphone système Ader et un morse de campagne modèle 1907 

· Lampes à pétrole pour l’intérieur du fort, lampes à bougie pour les tourelles et oxyacétyléniques pour les fossés

 

1885

1890

1908

1910

Pièces de rempart

du fort et des

2 canons de 155 long

8 canons de 120 long

2 canons de 95

2 mortiers de 15

7 canons de 155 long

2 canons de 120 long

2 canons de 95

2 canons de 95

4 canons de 120 long

4 mortiers de 27

Cuirassements

et casemates

 

2 casemates de Bourges

3 tourelles de mitrailleuses

2 observatoires cuirassés

4 guérites blindées

Défense des fossés

Les caponnières ne sont pas encore construites

6 canons révolver

4 canons de 12 culasse

Nb de pièces

14

21

26

24