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L’abri de combat TD1

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L’abri de combat TD2

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Le dépôt F de Douaumont

Le fort de Douaumont

La batterie cuirassée de 75

Le dépôt G de Douaumont

L’abri de combat DV1

L’ouvrage O de Bezonvaux

L’abri de combat DV2

La batterie 4-1 Fausse Côte

L’ouvrage de Lorient

L’ouvrage du Muguet

L’ouvrage de Josémont

L’ouvrage C d’Hardaumont

L’abri de combat DV3

Projecteur du Bois Fumin

L’abri de combat DV4

La batterie 5-3 Nez de Souville

Le fort de Vaux

Le dépôt H de Vaux

La batterie 6-1 de Damloup

L’abri de combat VLL1

La station de Tavannes

L’ouvrage D de Laufée

La batterie 6-3 Bois de Laufée

Le magasin M8 de Fleury

Le dépôt B de Souville

Le fort de Souville

La tourelle Bussière annexe

Le dépôt C de Souville

La batterie 8-5 de l’hôpital

Le dépôt I de Tavannes

La batterie 8-6 du tunnel

La batterie 6-9 de Tavannes

Le tunnel de Tavannes

Le fort de Tavannes

La batterie de Mardi-Gras

Le projecteur de Mardi-Gras

L’abri de combat LLM1

Le magasin de la Renarderie

L’abri de combat LLM2

L’ouvrage E d’Eix

Le projecteur d’Eix

La batterie 1-2 de Moulainville

Le dépôt J de Moulainville

Le fort de Moulainville

L’abri de combat MD1

L’abri de combat MD2

L’ouvrage F de Manesel

L’ouvrage de la Croix Brandier

Le magasin de Belrupt M3

Le fort de Belrupt

L’ouvrage de Déramé

L’ouvrage G de Châtillon

L’abri de combat DR1

Le dépôt K  du Rozelier

Le fort de Rozelier

Le dépôt X du Rozelier

L’abri de combat RSS1

L’ouvrage P de Jaulny

L’ouvrage des Réunis

Dépôt W de Saint Symphorien

L’abri de combat RSS2

L’ouvrage F de St-Symphorien

L’abri de combat SSH1

Le magasin d’Haudainville M4

Le fort d’Haudainville

Le dépôt T d’Haudainville

L’abri de combat HLF1

La batterie 6-6 de l’Ollier

Le fort de Génicourt

L’ouvrage de la Falouse

L’abri de combat LFD1

L’abri de combat LFD2

Le dépôt V de Dugny

Le fort de Dugny

L’abri de combat DL1

Dépôt U de Dugny-Landrecourt

L’abri de combat DL2

Le fort de Landrecourt

L’abri de combat LR1

Le dépôt L de Landrecourt

L’ouvrage I du Chapitre

Le magasin Champ de la Gaille

L’abri de combat LR2

Le fort de Regret

La batterie annexe 3-7

Batterie s 3-4 & 3-6 de Regret

L’ouvrage J de Baleycourt

Le dépôt M de Regret

L’abri de combat RS1

L’abri de combat RS2

Le fort de Sartelles

L’ouvrage K de Fromeréville

Le fort de la Chaume

Le dépôt N de la Chaume

L’abri caverne Sartelles Chana

Le dépôt Y de Chana

L’ouvrage de Chana

Le magasin de Lombut M6

L’ouvrage L de Germonville

Le dépôt O de Choisel

Le fort de Choisel

L’abri de combat CBB1

Le poste M des Bruyères

Le dépôt P de Bois-Bourrus

L’abri de combat CBB2

Le fort de Bois Bourrus

Le dépôt Z de Bois-Bourrus

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L’abri de combat MBE1

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Le fort de Vacherauville est l’un des derniers forts construits en France avec celui du Vieux Canton à Toul. Il est construit à la place d’une ancienne batterie d’artillerie près du village de Charny sur une colline à 257 mètres d’altitude. Il défend la vallée de la Meuse, la route et la voie ferrée menant à Sedan, et les intervalles entre le fort de Marre et l’ouvrage de Charny.

L’armement du fort en fin 1914 - mars 1915 avant la bataille de Verdun

 

Pièces de rempart du fort

1 section de 2 mitrailleuses de rempart modèle 1907 approvisionnée de 43200 cartouches

 

Cuirassements et casemates

1 tourelle de mitrailleuses GF4 armée de 2 mitrailleuses Hotchkiss

approvisionnées de 57600 cartouches. Elle possède une mitrailleuse de rechange

2 tourelles Galopin de 155R 07 armées chacune d’1 canon de 155R approvisionnées à 2000 coups. Elles possèdent toutes les deux un observatoire cuirassé et un tube de rechange

1 tourelle de 75R 05 armée de 2 canons de 75  approvisionnée à 2000 coups/pièce.

 Elle possède un observatoire cuirassé et un tube de rechange.

1 observatoire cuirassé de commandement

2 guérites blindées de rempart

 

Défense des fossés

1 coffre simple de contrescarpe armé d'1 canon révolver approvisionné à 1800 coups

et d’1 canon de 12 culasse approvisionné à 150 coups.

1 coffre double de contrescarpe armé de 2 canons révolver approvisionnés à 1800 coups/pièce et de

2 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce.

1 caponnière double de gorge bétonnée défendue au fusils

 

 

Total 13 pièces d’artillerie

 

 

 

 

 

 

 

Les différents éléments extérieurs à proximité du fort fin 1914 début  1915

 

Batteries d’artillerie

Aucune

 

Ouvrages d’infanterie

Aucun

Abris de combat et abris cavernes

 

Aucun

 

Dépôts intermédiaires

Aucun

Magasins de secteur

Aucun

Projets de modernisation

 

Programme 1900

· Aucun projet de modernisation

 

Projet supplémentaire de 1908

· Construction d’un ouvrage possédant un casernement bétonné et des fossés flanqués par des organes de flanquement

· Installation d’une tourelle de 155R07, d’une tourelle de 75 et d’une tourelle de mitrailleuses.

 

Projet complémentaire de 1910

· Installation d’une deuxième tourelle de mitrailleuses et d’une deuxième tourelle de 155R 07

· Construction d’une usine électrique équipée de 5 groupes électrogènes.

 

Projet complémentaire de 1914

· Electrification de la tourelle Galopin de 155R N° 12 en installant un moteur de 5 à 6 HP qui permet de remonter le contrepoids moteur. Les travaux étaient prévus en même temps que le montage de la tourelle, mais il n’aurons pas le temps d’être réalisés

· 1914 - 1915 Les travaux devaient commencer pour l’installation d’une deuxième tourelle de mitrailleuses au saillant 4 car le projet venait d’être approuvé par le ministre

 

Modernisations

 

· 1910-1914 Construction d’un fort moderne possédant un casernement bétonné en béton armé, une caponnière de gorge et deux coffres de contrescarpe. Installation de 4 observatoires cuirassés et de deux guérites blindées

· 1910-1912 Installation d’une tourelle de 75 R05 et d’une tourelle de mitrailleuses qui seront prêtes à tirer le 20 novembre 1912.

· 1911-1914 Installation de 2 tourelles de 155R07 qui seront prêtes à tirer le 22 juillet 1914.

· 1912-1914 Construction d’une usine électrique équipée de 3 groupes électrogènes à pétrole de 5500 watts qui produisent du 110 volt pour l’éclairage et la ventilation des locaux.

En août 1914, c’est ouvrage de première catégorie appartenant à la 6ème région n’est pas terminé. Le béton de la collerette de la deuxième tourelle de 155R n’est pas coulé, et cette tourelle n’est pas armée. La façade du coffre simple et certaines parties intérieures du fort ne sont pas enduites. Les travaux seront stoppés car le fort doit se mettre en état de défense. Ils seront repris au niveau de la deuxième tourelle fin 1914 pour se terminer au printemps de l’année suivante.

A la fin de la guerre, le fort de Vacherauville est le plus moderne des ouvrages fortifiés de la place de Verdun, avec une puissance de feu supérieure à celle du fort de Douaumont et des locaux électrifiés à l’épreuve des nouveaux obus. La totalité de l’armement principal de cette fortification de premières lignes est placée sous tourelles cuirassées.

Equipement du fort en 1914

Vue aérienne du fort de Vacherauville en 1915. Collection Lionel PRACHT

La cuisine du fort et ses magasins aux vivres et au charbon

Cliché VAUBOURG Cédric

La salle des machines de l’usine électrique.  Cliché VAUBOURG Cédric

La galerie devant les chambrées des casernements.

 Cliché VAUBOURG Julie

Armement du fort et cuirassements installés entre 1913 et 1914

L’observatoire cuirassé de la tourelle Galopin nord de 155R 07 du fort de Vacherauville pendant la grande guerre. Collection site web plongée sans sel

Photo allemande d’une des tourelles Galopin de 155R après les combats de 1940. Collection Lionel PRACHT

Photo aérienne du fort de Vacherauville le 14 mars 1916

Collection Lionel PRACHT

Photo aérienne du fort de Vacherauville fin 1916

Collection Lionel PRACHT

L’entrée du fort. Cliché VAUBOURG Julie

La façade du casernement de guerre. Cliché VAUBOURG Julie

L’extérieur de la caponnière double. Cliché VAUBOURG Julie

La galerie principale du fort . Cliché VAUBOURG Julie

Une chambrée du fort. Cliché VAUBOURG Cédric

Le couloir près du casernement. Cliché VAUBOURG Julie

Une inscription au dessus d’une chambrée.

Cliché VAUBOURG Cédric

Une galerie devant les magasins aux cartouches.

Cliché VAUBOURG Julie

La galerie principale. Cliché VAUBOURG Julie

Une carte de la Belgique . Cliché VAUBOURG Cédric

Une chambrée du fort. Cliché VAUBOURG Cédric

L’intérieur d’un magasin. Cliché VAUBOURG Cédric

Un lavoir dans une pièce. Cliché VAUBOURG Julie

www.fortiffsere.fr VAUBOURG Cédric et Julie © COPYRIGHT Mentions légales

Rectangle à coins arrondis: Suite des photos

Vestige d’une échelle d’une guérite blindée.  

Cliché VAUBOURG Julie

L’entrée de la chambrée des sous officiers.

Cliché VAUBOURG Julie

Le fossé de gorge du fort le 15 février 1917. Collection Lionel PRACHT

Etat du fort pendant la première guerre mondiale

Cette partie ci-dessous sur la bataille de Verdun est reprise d’après la monographie du Colonel Benoit (Adjoint au Général Ct le Génie de la 11ème armée) rédigée le 23 novembre 1917

 

Etat du fort au début de la guerre

Les travaux du fort de Vacherauville, commencée dans les derniers mois de 1910, durent interrompus par la mobilisation. Il restait à faire à ce moment tous les travaux d’installation d’une seconde tourelle de mitrailleuses à droite du fort, les terrassements intérieurs de l’ouvrage, ainsi que le réseau de fils de fer ; il  y avait à mettre en place une partie du matelas de rocaille autour de la tourelle de 155 ouest, à jointoyer certaines parties des murs d’escarpe et de contrescarpe, à faire le pont levis et la porte d’entrée, à achever les travaux d’évacuation des eaux usées et à faire ceux d’amener l’eau potable, à terminer l’installation de l’éclairage électrique et de la manœuvre électrique des tourelles et ventilateurs.

Dès les premiers jours de la mobilisation, on créa tout autour du fort le réseau de fils de fer ; on acheva l’installation de l’éclairage électrique ; on plaça des rocailles autour de la tourelle ouest et on commença les terrassements intérieurs. Ces travaux furent exécutés tant par main d’œuvre militaire que par main d’œuvre civile réquisitionnées et avec les installations de l’entrepreneur qui étaient restées sur place. 

Le programme primitif fut un peu près réalisé, sauf cependant l’installation de la seconde tourelle de mitrailleuses, et l’installation de la manœuvre électrique des tourelles. On continua en outre à aller chercher l’eau à une source voisine ou à la faire monter au fort au moyen de l’installation de fortune réalisée par l’entrepreneur.

Le fort de Vacherauville qui affecte la forme d’un trapèze ayant 140m et 100m de base sur 100m de hauteur comprend :

    1°) Une casemate bétonnée pouvant renfermer 195 hommes couchés : les voûtes en béton armée ont 1m80 d’épaisseur à la clef et 2m50 aux naissances ;

     2°) Deux tourelles de 155 R, avec chacune, un observatoire ;

     3°) Une tourelle de 75, avec son observatoire ;

     4°) Une tourelle de mitrailleuses, à gauche, avec son observatoire ;

     5°) Un observatoire de commandement ;

     6°) Des fossés flanqués par un coffre double, à gauche, un coffre simple à droite, et par une caponnière de gorge.

On peut se rendre, au moyen de communications bétonnées, de la caserne bétonnée aux différents organes du fort.

Le fort renferme deux citernes, l’une de 135 m³, alimentée par l’eau des chapes, l’autre de 142 m³ qui devait être alimentée par l’eau de source.

Il a coûté environ 2.400.000 francs, y compris le prix d’acquisition des terrains, les cuirassements, les canons.

Il était armé à la mobilisation.

 

Rôle du fort avant l’attaque de Verdun

On travaille activement à l’achèvement du fort dès le début des hostilités. Cela n’empêcha pas le fort d’être doté d’une garnison composé d’une ½ compagnie d’infanterie, de détachements d’artillerie et du génie ( en tout 3 officiers et 247 hommes ), ni de faire tirer les tourelles de 155 R qui en septembre 1914 envoyèrent 40 projectiles dans la direction de Regneville et de Forges.

On évita de faire tirer le fort en 1915 pour ne pas attirer sur lui le feu de l’ennemi, de façon à conserver intacts ses organes offensifs, au cas où il aurait été nécessaire de recourir à eux.

Au moment de la constitution de la «  Région fortifiée de Verdun » (8 août 1915), des mesures furent prises pour la destruction éventuelle des tourelles, des observatoires, de l’escarpe et de la contrescarpe du flanc ouest. Sept puits de mine, espacés de 6 m d’axe en axe, furent à cet effet creusés à 2m50 de l’escarpe et sept autres à la même distance de la contrescarpe. La consigne de destruction fut approuvée par le Général Commandant la Région fortifiée les 15 décembre 1915 et 8 janvier 1916.

Rôle du fort au début de l’attaque de Verdun

Dès les premiers jours de l’attaque de Verdun, le fort de Vacherauville fut en butte au tir de l’artillerie ennemie ; il reçut le 21 février 1916, environ 200 obus de 150 ou 210 ; le 22, environ 250 ; le 23, 300 obus de 305 ou de 380 ; le 24, environ 500.

A ce moment, nos troupes continuaient à conserver leurs positions sur la rive gauche de la Meuse, jalonnées par le ruisseau de Forges et Bethincourt ; mais elles étaient obligées de reculer sur la rive droite : Brabant avait été évacué par mous dans la nuit du 22 au 25 ; Samogneux était perdu le 23 au soir ; le 24 nous abandonnions Beaumont et le bois des Fosses ; nous tenions cependant encore la côte à Talou. Dans la nuit du 24 au 25, nous perdions la côte de Mormont (344) et le 25, dans l’après-midi, le village de Louvemont ; l’ennemi se glissait sur la côte à Talou, attaquait la côte 378 et la côte du Poivre.

Devant cette attaque, le fort de Vacherauville ne pouvait rester inactif : les 24 et 25 février, il envoya sur les formations ennemies qui passaient à sa portée sur la rive droite de la Meuse, dans la région de Samogneux, sur les routes de Beaumont et de Louvemont, 2.279 obus de 75 (dont 1.793 explosifs et 486 obus à balles) et 953 obus de 155 (dont 379 allongés et 574 à mitraille).

Les représailles ne devaient pas se faire attendre : le 25, 720 obus de 305 ou de 380 et 25 de 480 furent tirés sur le fort. Le 26, il reçut 280 obus de 305 ou de 380. Comme l’ouvrage avait cessé son tir le 25, l’ennemi dût croire l’avoir anéanti sous le déluge de ses projectiles (en 6 jours, 450 obus de 150 ou de 210, 1800 coups de 305 ou de 380, 25 de 420), et, si, pendant tout le reste de l’année 1916, lui lança encore nombre d’obus, il ne jugea plus nécessaire, en présence de son silence, de l’accabler encore avec du 420. 

En présence de la tournure que prenaient les évènements sur la rive droite de la Meuse, on envoya au fort l’équipe chargée de sa destruction éventuelle. Le Général Commandant la Région Fortifiée avait donné en effet, le 24 février 1916, l’ordre de charger immédiatement les dispositifs de destruction du fort, à l’exception des tourelles. Le chargement des 14 puits d’escarpe et de contrescarpe commença dès le 25, mais l’amorçage ne fut pas effectué. A la suite d’explosions causées dans d’autres forts par des projectiles ennemis de gros calibres, le Général Commandant la IIème Armée donne l’ordre, le 26 avril, de décharger les puits et de les recombler. Les poudres qui avaient été employées pour le chargement furent noyées dans la Meuse vers le 10 mai.

Une garnison permanente fut donnée au fort par l’ordre de l’Armée en date du 10 mars 1916. Elle comprenait : ½ compagnie d’Infanterie, 2 sections de mitrailleuses de position, des détachements d’artillerie et du Génie. Le Gardien de Batterie Ponsart, qui était au fort avant 1916, continuait à y assurer son service. Le Capitaine Gasnier du 72ème R.I.T fut tout d’abord désigné pour commander le fort ; par la suite, le 14 mai 1916, le Chef de Bataillon Lespinasse, du 18ème Régiment d’Infanterie, prit le commandement du fort ; il fut remplacé le 1er juin de la même année par le Chef de Bataillon Babonneau, du 294ème Régiment d’Infanterie.

La consigne de défense du fort, établie le 5 avril par le Général Commandant le Groupement Guillaumat, spécifiait que les pièces sous tourelles ne devaient être actionnées que dans le cas d’une attaque ennemie, et seulement sur l’ordre du Général Commandant le Secteur de défense, qui disposait de toute l’artillerie de son secteur.

La consigne ajoute que « la résistance des abris » donne aux défenseurs une sécurité complète pendant le bombardement : la valeur de l’obstacle qui entoure le fort met les mêmes défenseurs à l’abri d’une surprise et leur procure le temps de garnir les parapets de tir en cas d’attaque ; mais il faut pour cela que la surveillance soit effective et constante.

Etant donné la continuité des lignes de défense extérieures organisées en avant du fort, le fort doit être considéré comme un réduit, ayant en tout temps une garnison permanente, qui doit résister même après investissement, jusqu’au moment où une contre-attaque aura pu le délivrer.

Effets des premiers bombardements

A la suite des premiers bombardements de février et mars, les terrassements du fort, faits un peu hâtivement à la mobilisation, étaient bouleversés,  le réseau très fortement endommagés. Les murs d’escarpe et de contrescarpe présentaient des brèches assez nombreuses ; mais il aurait suffi de dégager les décombres et d’y placer quelques réseaux Brun pour que la traversée des fossés sous le feu des organes de flanquement qui étaient toujours en parfait état, présentât pour l’assaillant de grosses difficultés.

Il est à remarquer que les parties arrondies des escarpes et contrescarpes, exposées aux coups directs, avaient été faites en béton. Sous l’effet des projectiles, ces parties ont été complétement séparées du reste du mur, fait en moellons.

Les effets les plus intéressants produits sur le fort par les obus de gros calibres sont les suivants :

Un projectile de 420 (N°1) est tombé à proximité de la paroi ouest de la communication centrale Nord-Sud ; cette paroi en ciment a été poussée contre l’autre, obstruant tout le passage. La dalle ne semble présenter aucune fissure apparente. Le sol du couloir a été soulevé sur une assez grande longueur, et les dégâts aux parois se continuent jusque dans le couloir desservant les tourelles.

Un autre projectile de 420 (N°2) tombant dans les mêmes conditions à proximité de la descente du coffre double a produit des résultats analogues.

Un autre projectile de 420 (N°3) est tombé sur la dalle en béton armé, de 1m50 d’épaisseur, recouvrant un des magasins de la tourelle de 155 ouest. Il a éclaté dans la dalle même, après y avoir  pratiqué, comme à l’emporte-pièce, un trou de 0.65 à 0.70 de diamètre, sur 0.65 de hauteur.  Sous l’effet de l’explosion, les rangées inférieures des barres d’acier de béton armé ont été incurvées et brisées, et le béton pulvérisés. Aucune trace d’éclat d’obus n’est visible à l’intérieur du local.

Un autre projectile (N°4) est tombé sur la collerette de la tourelle Ouest de 155. Il a fait des dégâts assez importants dans le béton, a coupé et déplacé un voussoir. La tourelle a été rendue inutilisable jusqu’au 28 avril. Le trou dans le béton fut tout d’abord rebouché avec des moellons ; il le fut ensuite avec du béton armé, relié le mieux possible au béton existant.

Quelques obus de 420 (N°5-6) sont tombés sur le massif de terre et de rocaille situé entre les deux tourelles de 155 R ; ils ont entraîné la chute dans le fossé d’une partie de la rocaille entourant le béton des tourelles.

Une atteinte intéressante est celle d’un obus de 420 (N°7) sur la dalle du local 20. L’épaisseur de la dalle est de 1m64. Le projectile, après avoir fait un trou de 0m60 à 0m65 de profondeur sur 0m60 à 0m70 de diamètre, a éclaté à l’intérieur même de la dalle. Les couches inférieures des barres d’acier du béton armé ont été incurvées, mais sans être brisées, formant ainsi un ménisque de 0m50 d’épaisseur sur 2m20 à 2m50 de diamètre. Le béton a été réduit en fragments moyens, retenus par les fers.

Un autre projectile (N°9) est venu détruire complétement les latrines proches de la tourelle de 155 ouest.

Enfin, les obus tombés en 3,10 et 11 ont produits d’importantes brèches dans le réseau, l’escarpe ou la contrescarpe.

Des entonnoirs de très grandes dimensions, existent en outre sur les terrassements du fort et aux abords.

Pendant le bombardement du 25 février 1916, la garnison n’a pas été incommodée par les gaz de l’explosion, mais elle a constaté l’importance considérable des vibrations des maçonneries à chaque arrivée de projectiles de 420.

                              

Continuation des bombardements

Les bombardements continuèrent à peu près incessants pendant toute l’année 1916. En mars, avril  et mai, les projectiles tombés sur le fort principalement des calibres de 150 ou 210, cependant, le 30 mai, il reçut 3 obus de 305. Les gros obus de 305 et 380, tombèrent, à partir de ce moment, assez fréquemment sur le fort ou ses abords, et notamment le 6 juin (20), le 21 (12), le 30 (16). L’attaque des 11 et 12 juillet effectuée par les Allemands sur la rive droite de la Meuse eût comme répercussion l’envoi de 25 projectiles de 305 sur le fort de Vacherauville le 10 juillet.

Le 5 août et le 15 septembre ; 80 et 34 obus de 305 y furent encore lancés, lors des luttes violentes dont la région de Thiaumont était le théâtre. 

Les effets produits sur le fort par les projectiles tombés le 5 août furent assez considérables.

Deux au moins de ces obus (N°12 et 13) sont tombés sur la collerette en béton, derrière la tourelle de 155 ouest. Ils l’ont détruite sur une longueur d’environ 10 mètres et sur une profondeur maximum de 0,60. Ils ont en outre complétement démoli le parapet en béton placé en arrière.

Un autre (N°14) tombant contre la paroi cylindrique verticale de la même tourelle, a déchiqueté les fers et réduit en poussière le béton sur une surface d’environ 20m et 1m environ de profondeur. Les pierrailles placées contre le béton apparent des tourelles ont été dispersées et rejetées en partie dans le fossé nord.

Un projectile (N°15)  a détruit pour la seconde fois la communication bétonnée allant au coffre double, dans des conditions analogues à celles produites par le projectile N°2.

Un autre projectile (N°16) est tombé sur la dalle en béton armé de 1m50 d’épaisseur qui recouvre le coffre double, en y pratiquant un trou de 0.30 de diamètre sur 0.30 à 0.40 de profondeur. Il y a ensuite éclaté, en désagrégeant le béton et coupant les fers à l’intérieur de la dalle, laquelle s’est incurvée à la partie inférieure, formant un ménisque de 0.20 à 0.30 sur 1.50 à 1.80 de diamètre.

Ces divers bombardements n’ont eu aucune influence sur le fonctionnement des tourelles.

 

Décembre

Le 15 décembre 1916, au moment de l’attaque française sur la côte du Poivre, le fort reçut la mission d’appuyer l’action d’artillerie sur les ouvrages de la côte du Poivre et sur les boyaux de Spendau et de Brisgau, lesquels étaient perpendiculaires à la route de Vacherauville-Louvemont et situés respectivement à 1.000 et 1.200 mètres du premier de ces villages. Postérieurement à la prise des premières lignes, le fort devait protéger les reconnaissances d’infanterie dans les ravins de Parfondevaux, de Bouc, du Cul Brûlé et du Cul du Chien, tous perpendiculaires à la route Vacherauville-Beaumont, au moyen de barrages systématiques du ravin de Vacherauville.

Une heure avant l’attaque, le fort exécute un tir rapide de destruction par le 155 sur toute la première position allemande, la prise d’enfilade des tranchées de la côte du Poivre était particulièrement favorable à l’efficacité du tir. L’observation qui a été faite a montré que la précision du tir était excellente.

A 10 heures, le tir fut suspendu, les tourelles éclipsées. De 10h40 à 10h50, le tir fut repris sur les boyaux Spendau et Brisgau, où furent envoyés 26 obus de 155 et 43 de 75 : les parties visibles de ces boyaux étaient complétement bouleversés.

De 10h50 à 15h, le barrage fut exécuté sur le ravin et donna de très bons résultats.

Le fort envoya ce jour-là 896 obus à balles de 75, 345 obus allongés de 155 R et 9 à mitraille, soit en tout 1250 coups.

L’ennemi tenta d’annihiler l’action du fort en envoyant dans la matinée, sur l’ouvrage et ses abords, de nombreux obus lacrymogènes et asphyxiants, puis une centaine d’obus de 150 ou de 210 et enfin, de 14h45 à 15h30, douze projectiles de 305.

L’action de ces obus fut sans aucune influence sur le tir de nos tourelles et sans résultat sur les maçonneries et les bétons de l’ouvrage.

 

 

 

 

Bombardement de février 1917

Le fort de Vacherauville ne reçut en général, après l’affaire du 15 décembre, que des obus de petit et de moyen calibre. Cependant le 20 janvier, l’ennemi lança sur la route de la Claire à Germonville quelques obus de gros calibre, et ce jour-là, 20 obus de 305 furent tirés sur le fort ou ses abords.

C’était le commencement des représailles pour nos tirs du 15 décembre : quelques jours après, les allemands ayant installé un mortier de 420 dans la région, envoyèrent le 1er février 1917 de 13h à 15h30 dans la direction du fort 35 obus de 420, dont 3 seulement  tombèrent sur la superstructure. Ce bombardement avait été précédé d’un réglage effectué avec des obus de 210, de 8h30 à 11h30.

Le 1er obus de 420, tombé à 5m au NE. de la tourelle de mitrailleuses dans des terres rapportées (n°17) y a produit un entonnoir de 10m environ de diamètre et 5m de profondeur. Les effets suivant sont été constatés sur la casemate voisine, sur son sous-sol et sur une galerie souterraine en construction.

Dans la casemate 1, le mur de fond, en béton spécial, de 2m d’épaisseur a été déplacé d’environ 1m à l’intérieur. A la suite de ce déplacement, les dernières couches de fer de l’armature de la dalle ont été ployées dans la partie voisine du mur ; mais en dehors de cette déformation de l’armature, la dalle qui n’était pas reliée au mur, n’a pas souffert.

Les projections des blocs de béton à l’intérieur de la casemate ont blessé 14 hommes, dont 1 assez grièvement.  Dans le sous-sol, le mur de fond qui n’était qu’un simple placage de 0.30 en moellons ordinaires, s’est effondré sur 6m de longueur, et les moellons, ainsi que des blocs rocheux, provenant du sous-sol naturel, ont été projetés dans le local . En même temps, l’armature inférieure du plancher en ciment reposant sur ce mur s’est ondulée.

Enfin, dans la galerie souterraine, 2 montants de châssis de grande galerie ont été brisés à hauteur du chapeau.

Les dégâts apparents causés par ce projectile sont localisés dans une zone de 14m de diamètre et de 14m de profondeur.

Le deuxième obus (N°18) est tombé dans la dalle de l’escalier entre les casemates 3 et 9, laquelle était protégée par 4m de terre environ. Il a dû éclater en touchant la dalle, car celle-ci a été disloquée, les fers brisés, sauf cependant les rangées inférieures qui se sont fortement incurvées et forment une calotte hémisphérique.

En même temps, la partie supérieure du mur en maçonnerie ordinaire séparant l’escalier de la chambre 3 était démolie, et la partie inférieure de la dalle de cette dernière chambre était désagrégée et ployée dans les mêmes conditions que celle de la casemate 1, visée ci-dessus.

Le 3ème projectile, tombant au point 19, à 4m, à droite du mur d’escarpe du fossé ouest, y a fait une brèche de 20m de longueur.

Tous les autres obus, tombant aux abords du fort, firent dans les terres argileuses des entonnoirs de très grandes dimensions de 10à 12m de diamètre et de 4 à 6m de profondeur.

Le 2 février, le fort ne reçut que 25 obus de 150.

Le 3 février, il subit un autre bombardement de 30 obus de 420, de 9h45 à 13h30. Six seulement, tombèrent sur le massif du fort. 

L’obus tombé au point 20 détruisit la contrescarpe sur 20m environ de longueur et combla en partie le fossé Nord.

L’obus tombé au point 21 a disloqué pour la troisième fois la communication souterraine allant au coffre double, qui avait été refaite en grande galerie aussitôt après les deux accidents précédents.

Le projectile N°22 a mis à nu la paroi nord du massif béton de la tourelle de 75. Il semble avoir touché cette paroi en y produisant une éraflure de 1m et 0m20 de profondeur maxima, et, ricochant, est allé éclater au niveau de l’étage inférieur. L’explosion a disloqué et déplacé sur toute la hauteur de l’étage la partie du mur bétonné limitant à droite le logement du balancier de manœuvre de la tourelle. Les blocs de béton déplacés avaient tordu le balancier du contrepoids d’équilibre, casé son support, ainsi que le support de la crémaillère sur laquelle prend appui le mécanisme de contrepoids. Les réparations nécessaires, y compris le déblaiement de l’étage inférieur et la remise en état des parois du massif de la tourelle, ont demandé environ 15 jours ; la tourelle a ensuite très bien fonctionné.

Le projectile N°23 est tombé sur la casemate 1 déjà endommagée deux jours auparavant.  Il semblerait qu’il ait éclaté avant d’arriver sur la dalle ou au contact de celle-ci, et que les vibrations se soient transmises de couche en couche et n’aient eu d’effet nettement visible que sur les couches inférieures, dont les fers ont été incurvés ou brisés, en même temps que le béton était pulvérisé. La dalle ne semble pas en effet perforée.

Les obus N°24 et 25 ont détruit la contrescarpe de gorge dont les débris jonchent le fossé.

Les autres, tombés aux environs du fort, ont produit des entonnoirs de 10 à 12m de diamètre et de 4 à 5m de profondeur.

Enfin le 6 février, 30 nouveaux projectiles de 420 ont été lancés sur le fort, dont une dizaine sur la superstructure.

Le 1er obus qui tomba à 9h05 au point 26, a déterminé la dislocation et l’écroulement partiel des murs formant la cage de l’escalier conduisant à la superstructure de la tourelle de 155 ouest. La dalle s’est effondrée, un certain nombre d’hommes qui se rendaient au travail ont été ensevelis sous les décombres ; 5 autres qui se portèrent au secours des premiers furent atteints par le 2ème obus (N°27) qui traversa la dalle d’un magasin, dans les mêmes conditions que l‘obus N°3 du 25 février. Ces deux coups malheureux causèrent ainsi la mort de 16 hommes ; 6 autres furent évacués pour blessures ou commotions, et parmi eux, le Gardien de Batterie Ponsart.

Le projectile N°28 a creusé un vaste entonnoir au pied et à gauche de l’observatoire de commandement situé entre les deux tourelles de 155R. La dalle du petit magasin sur lequel il est venu ensuite frapper n’a pas été perforé complétement, mais présente à sa partie inférieure un ménisque fortement accusé (0m40 à 0m50).

A la suite de ces 3 coups, la communication bétonnée entre les tourelles de 155R a été obstruée complétement par les débris provenant de l’explosion et les piédroits ont été repoussés vers son axe.

Les projectiles tombés aux points 29 et 30 ont éclaté au niveau inférieur des communications bétonnées reliant la tourelle de 75 aux tourelles de 155R. Les parois de ces communications ont été brisées, déplacées et mises à nu. Les dalles paraissent subsister.

Le projectile N°31 a démoli la partie supérieure de l’escalier aboutissant de la caserne à la superstructure.

Le projectile N°32 a éclaté sur la voûte ou à l’intérieur de la voûte recouvrant le local N°3.Cette voute n’a pas été traversée ; la partie inférieure présente fortement un ménisque fortement accusé.

D’autres obus, tombés à proximité des murs d’escarpe et de contrescarpe, ont causés d’importants dégâts sur les maçonneries, certains autres, tombés sur les terrassements intérieurs ou aux abords du fort y ont creusés de vastes entonnoirs. C’est ainsi que l’accès du fort, après ce dernier bombardement, était assez pénible, le glacis de gorge ayant été complétement bouleversé.

Les réparations nécessaires ont été immédiatement entreprises, et peu après on pouvait arriver au fort sans difficulté. Les communications intérieures étaient déblayées et les parties détruites, remplacées par des galeries de mines de 17.

Malgré ces bombardements, on pouvait encore accéder aux diverses tourelles par les escaliers partant de la superstructure.   

Les pertes en hommes ont toujours été causées par le premier projectile. Dès le milieu de 1916, des galeries souterraines avaient été faites en galeries de mines à une profondeur assez considérable ; elles servaient d’abri à la garnison lors des bombardements par des obus de gros calibres. Dans ces galeries, les hommes n’avaient généralement pas, comme dans les casemates en béton, la sensation angoissante d’être soulevés à chaque éclatement et de croire que leurs abris allaient s’effondrer

Etat actuel du fort

A la suite de ces bombardements :

         1° - Le réseau en fils de fer est inexistant ;

         2° - Au fossé de tête, les escarpes et contrescarpes sont complétement détruites ; au fossé de droite l’escarpe subsiste en partie, mais il ne reste plus de trace de la contrescarpe, au fossé de gauche, seule l’escarpe présente des effondrements d’environ 20m, le fossé de gorge est en grande partie obstrué, la contrescarpe n’existe plus.

         3° - Les coffres de contre-escarpe et la caponnière de gorge sont occupés et peuvent dans une certaine mesure assurer le flanquement des fossés;

         4° - Toutes les tourelles, remises en état, fonctionnent ;

         5° - La caserne bétonnée est habitable ; 2 chambres seulement ont été détériorées, mais continuent à être utilisées ;

         6° - Les communications souterraines ont été refaites ou consolidées avec des châssis de  galeries de mines de 17 et assurent dans des conditions satisfaisantes, mais évidemment précaires, la circulation entre la caserne bétonnée et les différents organes de l’ouvrage.

En résumé, le fort de Vacherauville n’a perdu aucune de ses propriétés actives et présente encore un obstacle sérieux à l’adversaire.

Et cependant, depuis bientôt deux ans, à la date du 31 octobre 1917, 7950 obus de calibre divers lui avaient été envoyés, représentant près de 1900 tonnes de fonte ou d’acier et 160 tonnes d’explosifs, à savoir :

      110 projectiles de 420 dont seulement une trentaine de ce type attendra l’ouvrage.

   2.138 projectiles de 380,305ou 280

   5.038 projectiles de 210 ou 150

      664 projectiles de 130, 105 ou 77.

Le prix de ces obus dépasse HUIT MILLIONS. Les Allemands ont donc dépensé environ 6 millions pour essayer, sans y réussir, d’annihiler un fort qui n’a coûté que 2.400.000 Frs.

 

Travaux effectués dans le fort depuis l’attaque de Verdun

Les bombardements par obus de gros calibres effectués sur le fort de Vacherauville ont prouvé que les communications bétonnées, telles qu’elles avaient été faites en temps de paix, ne pouvaient résister : la communication allant au coffre double a été détruite trois fois, sensiblement au même endroit, celle allant de la tourelle de 75 à la tourelle de 155 ouest a été détruite deux fois ; la communication Nord-Sud, et celle entre les deux tourelles de 155R, ont été détruites chacune une fois.

Aussi a-t-on songé à créer des galeries de mines profondément enterrées reliant à la caserne bétonnée  les organes importants du fort. Actuellement, ces galeries relient la caserne à la tourelle de 75, au coffre double, et à chacune des deux tourelles de 155R. Ce travail était en cours au moment des bombardements de février 1917 ; les parties déjà terminées à cette époque ont rendu de grands services, puisqu’elles ont permis de communiquer à couvert avec la tourelle de 75 et le coffre double, ce que l’on ne pouvait plus faire par les communications bétonnées détruites ; elles ont permis en outre à la garnison de disposer d’abris sûrs contre les bombardements.

Ces galeries profondes vont être prolongées pour aboutir au coffre simple.

On a en outre doublé la galerie Nord-Sud, dont la protection à certains endroits n’est que de 9m au-dessus du ciel, ce qui serait insuffisant avec les projectiles actuellement employés, et on l’a reliée à la caserne bétonnée par de nouveaux escaliers. La protection des nouvelles galeries est d’au moins 12m au-dessus du ciel et fréquemment 18m.

Le système des galeries souterraines est relié à un puits de 25m50 de profondeur au-dessous de leur niveau, puits qui donne de 400 à 1500 litres d’eau par jour.

Enfin, l’entrée du fort servant fréquemment de but à l’artillerie ennemie a été complétée par une longue galerie de 17 sortant bien en avant de l’ouvrage pour ravitailler le fort en hommes et en munitions. Cette galerie possédant un abri caverne est creusée à 18 mètres de profondeur à l’abri des obus de gros calibre.

Enfin, pour mettre à l’abri d’un coup de main, le fort, qui pendant l’attaque, n’a été qu’a 1.500 m des positions ennemies, on a équipé toutes les issues de chicanes en maçonnerie ou sacs de terre, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades et on a remis en état le réseau normal de 30 mètres d’épaisseur  qui entoure le fort. Ce réseau a été complété avec un réseau supplémentaire de 10 mètres d’épaisseur.

Fin 1917, l’abri caverne des galeries de 17 est pressurisé afin de protéger les soldats des gaz de combat. La machine de filtration sera installée dans un réduit anti-gaz.

A la fin de Grande Guerre, le réseau de galeries de 17 atteindra une longueur de 1165 mètres et deux cloches Pamart à deux créneaux seront installées ; l’une sur les glacis derrière le coffre double de contre-escarpe et l’autre à l’entrée du ravitaillement du réseau de galeries de 17.

L’entrée après le bombardement de 420 du 6 février 1917 photo prise le 15 février 1917

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

Le fossé Nord Est après le bombardement de 420 du 6 février 1917 photo prise le 15 février 1917. © BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

Un coin du fort après le bombardement de 420 du 6 février 1917 photo prise le 15 février 1917.

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

La galerie centrale du fort après le bombardement de 420 du 6 février 1917 photo prise le 15 février 1917.

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

La caserne bétonnée prise depuis le saillant 4 après le bombardement de 420 du 6 février 1917 photo prise le 15 février 1917.

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

La sortie d’infanterie près de la tourelle de 75 après le bombardement de 420 du 6 février 1917 photo prise le 15 février 1917.

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La caponnière de gorge après le bombardement de 420 du 6 février 1917 photo prise le 15 février 1917.

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Les sorties d’infanterie derrière les deux tourelles de 155R après le bombardement de 420 du 6 février 1917 photo prise le 15 février 1917.

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La caserne bétonnée prise depuis le saillant 4 après le bombardement de 420 du 6 février 1917 photo prise le 15 février 1917.

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

Vue sur l’entrée et les abords du fort après le bombardement de 420 du 6 février 1917 photo prise le 15 février 1917.

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

En 1922, les locaux de la caserne sont très humides. L’humidité qui règne à l’intérieur du fort est préjudiciable à la conservation du matériel cuirassé.

Etat des bétons des organes de combat en 1922:

Tourelles de mitrailleuses (droite et gauche)

Extérieur: Quelques fissures légères. En assez bon état, ont été réparées pendant la guerre.

Intérieur: En assez bon état, réparées pendant la guerre. Communication complètement fissurée.

 

Tourelle de 75 R05

Extérieur: Paraît en bon état, a été réparée pendant la guerre.

Intérieur: Béton de la fosse du contrepoids affaissé et fissuré. La fosse est noyée.

 

Observatoire cuirassé de la tourelle de 75

Extérieur: Bon dénudé, légèrement décapé et écorné. Fissures autour de la cloche

Intérieur: Fissuré

De 1928 à 1930, le réseau de galeries de 17 sera comblé sous les tourelles d’artillerie.

En 1933, les galeries de 17, sous la caserne bétonnée, seront en grande partie bétonnées avec du ciment de laitier afin de ne pas fragiliser les fondations de l’ouvrage en cas d’effondrement de ses galeries qui étaient soutenues depuis la Grande Guerre avec des renforts en bois.

En 1940, le fort tirera à nouveau sur l’ennemi avant de se rendre sous les honneurs militaires. Puis, il sera complètement ferraillé par les allemands en 1944 sous l’organisation Todd.

Aujourd’hui, le fort est complètement fermé par les sites naturels de Lorraine pour assurer la protection des chauves-souris.

Tourelle Galopin de 155R de droite

Extérieur: Béton décapé et fers apparents

Intérieur: Le trou d’homme est fissuré, les fissures ont été réparées sommairement au cours des hostilités.

Observatoire cuirassé de la tourelle de 155R de droite

Extérieur: Béton décapé et fers apparents

Intérieur: Béton fissuré.

Observatoire cuirassé de commandement

Extérieur: Béton décapé et fers apparents

Intérieur: Béton fissuré.

Tourelle Galopin de 155R de gauche

Extérieur: Béton dérasé et disloqué  et fers apparents. La voûte de l’avant cuirasse est complètement crevée.

Intérieur: La fosse des contrepoids est fissurée. Les fissures de la chambre intermédiaire ont été réparées. En état relativement convenable. Le trou d’homme est fissuré.

Observatoire cuirassé de la tourelle de 155R de gauche

Extérieur: Béton dénudé et fers apparents

Intérieur: De nombreuse fissures.

Le fort de Vacherauville

Dates de construction

Coût des travaux en 1914 - 1915

 

Effectif

· 1910-1915

· 2 400 000 Frs

 

· 195 hommes

Effectif maximum

· 1914 - 202 hommes

· 1916 - 150 hommes

Armement du fort fin 1915

· Aucune pièce de rempart

· 2 coffres de contrescarpe armés de 3 canons revolver avec leurs munitions

· Une caponnière de gorge sans armement

· 2 tourelles de 155R07 armées avec quelques obus

· 1 tourelle de 75R05 armée avec quelques obus

· 1 tourelle de mitrailleuses armé

Armement du fort en 1917

· L’ouvrage est réarmé de mitrailleuses et fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée

· 2 coffres de contrescarpe armés par 3 canons revolver avec leurs munitions

· Une caponnière de gorge sans armement

· 2 tourelles de 155R07 armées et rapprovisionnées en munitions

· 1 tourelle de 75R05 armée et rapprovisionnée en munitions

· 1 tourelle de mitrailleuses armée et rapprovisionnée en munitions

· 1 Cloche Pamart à deux créneaux armée d’une mitrailleuse

Garnison normale prévue de l’ouvrage en 1914

 

· Infanterie : 1 officier et 130 soldats

· Artillerie : 1 officier, 11 sous-officiers et 34 soldats

· Auxiliaires des places fortes : 59 hommes

· Génie : 1 officier et 9 sapeurs

· Télégraphie : 2 sapeurs pour le réseau électrique

· COA : Homme

· Service médicaux : Aucun

· Gardien de batterie : Aucun

· Soit un effectif de 3 officiers et 247 soldats

Répartition de la garnison en 1914 à la première heure renforcée par l’article 40 de la loi du 21mars 1905

 

· Infanterie : 1 officier et 81 soldats du 165ème RI

· Artillerie : 78 soldats du 5 ème régiment d’artillerie à pied

· Génie et services divers : 38 auxiliaires de place forte

Soit un effectif de 193 hommes

Capacité du casernement à l’épreuve

Capacité des casernement en maçonnerie

Capacité du magasin à poudre

Capacité du magasin aux cartouches

 

 

· 195 places couchées

· Aucun

· Aucun

· Plusieurs magasins à munitions à l’épreuve

Cuisine

Boulangerie

Puits et citernes

 

Pont de l’entrée principale

· 1 à 2 cuisinières de marque François Vaillant

· Pas de Boulangerie

· L’eau est stockée dans deux citernes en béton de 135 m³ et 142 m³

· 1 pont à bascule en dessous

Communication liaison optique

 

Communication télégraphe électrique

 

 

Eclairage en 1914

· Un appareil de calibre 14 ou de 24 en réserve à la place peut être affecté à l’ouvrage si nécessaire.

· Avec le central à la citadelle de Verdun, et le poste de Jardin –Fontaine grâce à un appareil microphone système Ader et un morse de campagne modèle 1907 

· Electrique et lampes à pétrole pour l’intérieur du fort, lampes à bougie pour les tourelles et oxyacétyléniques pour les fossés

 

1913

Aout 1914

Pièces de rempart du fort

Aucune pièce de rempart

Cuirassements et casemates

1 tourelle de 75 R05

1 tourelle de mitrailleuses

3 observatoires cuirassés

3 guérites blindées

1 tourelle de 75 R05

1 tourelle de 155R07

1 tourelle de mitrailleuses

4 observatoires cuirassés

3 guérites blindées

Défense des fossés

En construction

Non armé

Nb de pièces

3

5