Sortie avec les membres de l’association

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31 mars, 1er et 2 avril 2018 -  Fortiff'Séré : Assemblée Générale 2018 et visites d'ouvrages.

www.fortiffsere.fr VAUBOURG Cédric et Julie © COPYRIGHT Mentions Légales

Pour couper court à toute idée reçue, voire à certaines images d'Épinal - oui je sais, elle est facile - disons le franchement : ce week-end pascal spinalien n'aura pas fourni le climat qui fait généralement le bonheur des batraciens et autres gastéropodes ! Et c'est tant mieux parce que nos G.O.[1] nous avaient concocté un programme "à la hauteur", digne d'une extrémité de rideau défensif.

Revenons simplement sur les moments forts de ce WE du 31 mars au 2 avril 2018.

 

Dès le samedi matin, un groupe, armé d'éclairages et d'APN[2], était mené par Julie et Cédric à la découverte de deux magasins à poudre à l'épreuve creusés sous roc en fond de vallon. Nous remercions M. Pascal Toussaint de la société Citéos (Groupe Vinci Énergies) et M. Alain Durpoix des Éclaireurs de France pour les accès respectivement au magasin central de Beau Désir et au magasin de secteur de Louvroie. Bien que de dimensions ordinaires, ces magasins n'en sont pas moins intéressants de par leur disposition et pour les éléments particuliers qu'ils possèdent encore, comme la voie de 60 avec plaque tournante Decauville, ou encore par endroits des grilles en fer forgé, aux motifs végétaux acérés aussi beaux que redoutables à franchir ! Ces magasins étaient d'autant plus sensibles qu'on y préparait les gargousses, les amorces, les détonateurs, les fusées et les projectiles. Les approvisionnements étaient assurés par voie de 60 et l'on peut encore cheminer sur l'ancienne plateforme immédiatement remarquable malgré la disparition des rails et traverses, tant son profil est doux et régulier.

 

Le midi, un surprenant mais agréable soleil a permis de disposer les bancs et les tables dans la cour du fort de la Grande Haye, afin que tous les présents puissent se restaurer dans une ambiance qui aurait pu seulement nous faire croire à un pique-nique estival, car il ne faisait pas encore si chaud que ça !

 

La bonne ambiance n'a pas arrêté le temps et il fallait déjà nous réunir pour l'AG. Notre Président et notre Secrétaire/Trésorière ont rappelé les événements et les actions de l'année passée, les comptes approuvés et les projets à venir. M. Camille Zeghmouli, adjoint au Maire de Golbey, a assurément renouvelé les encouragements de la commune aux côtés de l'association.

Étaient également présents lors de cette AG quelques représentants d'autres associations dont  Claude Varanfrain ("Les amis du fort de Comboire"), Michel Truttmann ("Jours d'Histoire), Gilles Provin ("La belle Époque") et Patrick Visini ("l'ARFUPE").

A l'issue de l'AG, un verre de l'amitié était offert aux participants.

 

L'après-midi nous a permis d'aller visiter un étonnant et extraordinaire musée des pompiers. Accueillis par M. Patrick Aimé de l'association SPSP88 que nous remercions beaucoup, nous avons pu admirer des centaines de matériels et de véhicules de toutes époques, témoins des progrès réalisés en matière de lutte incendie et autres secours. A voir absolument !

 

De retour au fort de la Grande Haye en toute fin de journée, un baeckhoffe aussi appétissant qu'imprononçable pour Julie, a régalé les estomacs … une sympathique et chaleureuse soirée faisant penser à la dernière page des aventures d'Astérix et Obélix !

 

La journée de dimanche a sans aucun doute été le "clou" des visites prévues durant ce WE, avec pas moins de deux forts à découvrir. Bien qu'avertis, nous attendions d'apprécier de visu les petites épreuves de franchissement qui nous attendaient. En effet, pour l'accès au fort de Razimont une sérieuse coupure dans le tablier du pont nécessitait l'emploi d'une échelle d'un peu plus de 7m, pour descendre la contrescarpe et arriver dans le fossé, avant d'escalader en face le pont dormant devant l'entrée (toujours avec l'échelle déplacée). Tout le monde a pris son temps et les franchissements n'ont présenté aucune difficulté. Nous y reviendrons pour le 2ème fort !

 

Construit en 1877, le fort de Razimont se présente sous la forme d'un pentagone irrégulier dont les faces sont battues par quatre caponnières, trois simples et une double. De facture assez classique, il est à noter cependant que la rue du rempart était dotée d'une voie de 60 circulaire pour la desserte  du magasin à poudre, des traverses-abris et des plateformes d'artillerie.

Pour arranger tout le monde, nous nous sommes répartis en deux groupes, celui des visiteurs et celui des photographes avertis, formule qui a fait ses preuves à la sortie de Charlemont.

 

Je vous épargne la description précise des différents sites que nous avons visités, car vous retrouverez de plus amples informations dans le site internet de l'association (www.fortiffsere.fr). Parmi les points remarquables de ce fort, on citera par exemple deux intéressantes casemates à tir indirect, et la présence par endroits de rares morceaux de verrière d'origine préservées sur les puits de lumière. L'ensemble est en état moyen, sans destruction particulière mais la nature a bien repris ses droits et les racines des arbres provoquent d'inévitables désordres dans les maçonneries.

 

Le temps passe si vite, surtout en fortification, qu'il fallait déjà regagner notre échelle pour la sortie. Pendant son replacement sur la contrescarpe du saillant 1, quelques-uns parmi nous ont pu jeter un œil aux extérieurs de la caponnière simple du saillant 2. Un rapide retour aux voitures et nous étions déjà en chemin pour le fort de la Mouche, à peine quelques kilomètres au SSO de Razimont. Il était convenu que le casse-croûte tiré du sac serait pris sur place avant la deuxième visite, ce qui fût fait dans une ambiance toujours décontractée.

Sitôt la restauration passée, des volontaires ne redoutant pas le vertige de la hauteur, s'affairaient à réinstaller sûrement l'échelle, cette fois dressée presque à sa plus grande hauteur tant le fossé était profond et surtout, avec un mur bien vertical sur près de 7m.

Avec l'expérience de la matinée, ce franchissement aurait presque passé pour une formalité, les membres de Fortiff'Séré sont désormais aguerris !

 

De la même époque, le fort de la Mouche s'inscrit dans un plan quadrangulaire. Une caponnière double couvre les côtés adjacents à deux caponnières simples qui elles-mêmes croisent leurs feux pour couvrir les deux autres côtés, dont un tourné au nord (la gorge) comporte l'entrée. C'est par la poterne de cette entrée qu'a commencée la visite. Nous aurions pu le découvrir en dernier telle la cerise sur le gâteau, mais arrivant par dessous il n'était pas possible de passer sans admirer jalousement le remarquable mécanisme du pont roulant effaçable. Le tablier composé de solides poutrelles en fer rivetées, s'efface latéralement en roulant sur deux rails grâce à quatre roues à gorge, dont deux sont pourvues de pignons entraînés par un jeu d'engrenages afin de démultiplier l'effort de manœuvre depuis la chambre de retrait du pont. Deux leviers permettaient le freinage et le calage du pont afin d'empêcher tout mouvement, surtout lorsque des matériels ferroviaires passaient dessus.

A la différence de Razimont où la caserne occupe une place centrale, ici la caserne est plus proche du rempart ouest, comme si elle était placée sur la rue du rempart. D'ailleurs la voie de 60 la traverse et fait le tour intérieur du fort. On peut encore voir quelques portions de cette voie ferrée.

Si tout le monde a profité de la visite des éléments habituels (la boulangerie avec un joli four, le casernement, le magasin à poudre, les traverses-abris et autres caponnières … etc.), il faut bien dire que la visite du poste optique était réservée aux plus gymnastes d'entre nous : l'absence d'escalier pour y accéder a été maigrement compensée par deux bouts de bois calés en X contre les murs … ensuite c'était de l'acrobatie en figure libre ! Mais la récompense était au bout de l'effort puisque la minuscule pièce circulaire recèle quelques beaux graffitis historiques !

Tandis que la visite se terminait et que les personnes rejoignaient la grande échelle pour gravir ce dernier grand obstacle avant le retour aux voitures, quelques autres - et j'en faisais partie - décidaient de faire rapidement le tour du fort par les fossés, soit environ 800m à parcourir dans un capharnaüm de ronces et de branchages obligeant à bien lever les pieds à chaque pas … usant ! Mais cela valait la peine, car les caponnières avec les fossés diamant inondés ont tout de même - passez moi l'expression - une sacrée gueule ! A noter aussi que les murs d'escarpe et de contrescarpe présentent de jolies séries d'arcs de décharge.

Ces visites n'auraient pas été possibles sans l'agrément de l'Autorité Militaire représentée par le Lieutenant-Colonel Simon du 1er RT[3], que nous remercions vivement. Il était déjà temps de dire au revoir à certains participants qui ne pouvaient malheureusement pas nous accompagner davantage.

 

Après un rapide mais bienvenu débarbouillage de fin de journée, tout le monde s'est rendu à nouveau au fort de la Grande Haye, pour prendre un apéritif bien mérité et surtout s'attabler pour partager une bonne et copieuse raclette, le tout dans une sympathique ambiance.

 

Lundi matin, tout le monde s'est retrouvé fin prêt pour partir sillonner le sous-bois dans les environs du fort de Razimont, à la découverte de différentes positions de combats et d'abris. Rappelons que ces lieux sont toujours en terrain militaire et que nous avons eu toutes les autorisations nécessaires pour s'y aventurer deux jours durant.

Nous avons d'abord jeté un œil à un ancien magasin à munitions sous roc (le dépôt intermédiaire des Carrières), construit sous la batterie d'artillerie des Carrières que nous avons entraperçue.

Notre promenade nous a ensuite conduits tout au long de la journée vers des ouvrages d'infanterie. Ce sont des positions de combats aménagées généralement sur une crête, de forme ronde avec au centre un casernement sous béton comprenant des chambrées et une cuisine, à l'extérieur des latrines, et autour en arc de cercle sur la ligne de front, un parapet d'infanterie en béton muni de masques blindés (malheureusement disparus !). Nous avons ainsi visité l'ouvrage A de Préfoisse, B de Vorpaille, C de Sainte Barbe et D de Fontaine de Cumay. Ce dernier possédant un bel abri bétonné avec encore ses bancs, c'est là que nous avons pique-niqué.

Entre ces ouvrages d'infanterie, nous avons exploré trois abris de combat, qui sont des constructions semi-enterrées en maçonnerie de pierres et de béton, comportant une défense rapprochée par caponnière, des niches à munitions et des latrines externes. Deux de ces abris étaient d'anciennes redoutes modernisées. Nous avons aussi vu une position de batterie d'artillerie de campagne à contre-pente datant de 1915.

Sur le chemin du retour, nous avons eu la surprise de découvrir un élément de voie de 60 ainsi que deux portes blindées, probablement arrachées de leurs supports d'origine lors de la démolition d'un ouvrage afin de construire la route N57/E23. Gageons que ces matériels retrouveront des lieux plus appropriés à leur histoire, plutôt que de rouiller au grand air !

Olivier Charrin, un membre qui a nouvellement rejoint l'association a souhaité voir l'abri de combat "Malgré-moi" dans lequel son grand-père a séjourné à l'époque de la grande guerre. Ce petit crochet était donc la dernière visite de cette escapade.

 

Après environ 10 km de promenade et toutes ces découvertes forestières, est venu le moment toujours un peu triste mais inévitable de se dire au revoir. Nous remercions donc encore grandement Julie, Cédric et tous ceux qui ont rendu possible ce week-end Fortiff'Séré spinalien ! Il nous tarde déjà d'en faire d'autres aussi passionnants ! A bientôt …

 

 

Éric BARDOCHAN (05/2018)

 

[1] G.O. : Gentils Organisateurs …ici, aucun rapport avec le Club Med !

[2] APN : Appareil Photo Numérique

[3] Le 1er Régiment de Tirailleurs de Golbey

Repas le samedi à midi 31 mars© Éric BARDOCHAN

Les membres à l’entrée du fort de Razimont

© Éric BARDOCHAN

Visite du fort de Razimont

© Éric BARDOCHAN

Repas le samedi soir au fort de la Grande Haye

© Éric BARDOCHAN

Les membres au fort de la Mouche

© Éric BARDOCHAN

Quelques panneaux rencontrés lors de la sortie

© Éric BARDOCHAN

Le pont de voie de 60 du magasin de Beau Désir

© Éric BARDOCHAN

Les grille défensives du magasin de Bois-le-Duc

© Éric BARDOCHAN

L’intérieur du magasin de la Louvroie

© Éric BARDOCHAN

Une plaque tournante du magasin de la Louvroie

© Éric BARDOCHAN

L’assemblée générale de l’association

© Éric BARDOCHAN

L’assemblée générale de l’association

© Éric BARDOCHAN

Une des caponnières simples du fort de Razimont

© Éric BARDOCHAN

Descente et montée à l’échelle au fort de la Mouche et de Razimont

© Éric BARDOCHAN

Visite du fort de la Mouche

© Éric BARDOCHAN

Repas du lundi à l’ouvrage D de Cumay

© Éric BARDOCHAN

Les graffitis du poste optique du fort de la Mouche

© Éric BARDOCHAN

Les graffitis du poste optique du fort de la Mouche

© Éric BARDOCHAN

Le poste optique du fort

© Éric BARDOCHAN

La caponnière double du fort de la Mouche

© Éric BARDOCHAN