La tourelle Galopin est inventée par le Commandant Alfred Galopin en 1889, suite aux résultats des expériences du Camps de Chalon sur la tourelle Buissière. C’est une tourelle à éclipse qui abrite deux canons de 155 L de Bange sous une coupole d’acier de 5,5 mètres de diamètre et de 40 centimètres d’épaisseur. Son poids est de 200 tonnes dont 150 tonnes pour la partie mobile qui comprends une chambre de tir de 80 tonnes.

Pour assurer la protection des embrassures, cette tourelle effectue une manœuvre complète (sortir, tirer et rentrer) en 4,5 secondes. Ce mouvement très rapide s’effectue grâce à un système de contrepoids qui permet le mouvement de la tourelle. Ce qui empêche l’ennemi d’avoir le temps d’envoyer un projectile sur cette dernière quand elle est en position sortie (position de batterie).

La hausse des deux canons allant de - 2° à +22° se règle par le biais d’une manivelle. Elle permet aux 2 pièces d’avoir une portée de tir maximal de 7500 mètres, leur mise à feu s ‘effectue grâce à un circuit électrique qui envoie une décharge aux étoupilles qui sont placées dans les culasses. Ce qui permet à la tourelle d’avoir une cadence de tir de deux coups à la minute mais aussi d’éviter les accidents de tir quand la tourelle est abaissée (position éclipse). Le fonctionnement de la tourelle s’effectue avec 17 hommes.

La tourelle est placée dans un puits en béton spécial, elle se compose de trois étages.

· Le premier est l’étage inferieur où se trouve le treuil de relevage du contre poids moteur que l’on actionne avec six hommes pour préparer la mise en batterie de la tourelle ou effectuer la rotation rapide (environ 60 secondes pour faire un tour complet). On y trouve aussi les contre poids et les balanciers de la tourelle ainsi que les magasins à munitions qui permettent de l’approvisionner grâce à un monte obus.

· L’étage intermédiaire est équipé de deux norias qui permettent de monter les obus dans la chambre de tir. On y trouve aussi, une circulaire qui permet un pointage direct que l’on règle avec un volant et un système d’embrayage qui permet la rotation lente de la tourelle.

· Le troisième étage est la chambre de tir armée de ses 2 canons. On y trouve la manette de mise en batterie de la tourelle qui permet de sortir la tourelle quand le contre poids moteur est remonté. Une fois le tir du canon effectué le recul des pièces fait redescendre la tourelle automatiquement. Lors des manœuvres, une pompe hydraulique sert à comprimer les ressorts des canons pour rentrer la tourelle dans son puits. Le réglage et le pointage des canons s’effectuent aussi à cet étage.

 

Il y aura 5 tourelles construites par la firme Schneider. Elles sont toutes installées en Lorraine dans des forts d’arrêts. Quatre tourelles viendront doubler dans trois forts, (Manonviller, Frouard et Pont St Vincent) quatre vieilles Mougin déjà en place. La tourelle du fort d’Arches sera la dernière installée. Le coût de revient de cette tourelle est de 850.000 Fr or, c’est quatre fois plus élevé qu’une tourelle Mougin. Elle aurait dû être installée dans d’autres forts en France, mais un modèle plus petit et surtout moins coûteux sera mis au point. Aujourd’hui, seule la tourelle de Frouard existe encore, elle est sur le point d’être restaurée par une association. Les autres tourelles ont été ferraillées par les allemands. 

 

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1. Chambre de tir armée de deux pièces de 155 L

2. Voussoirs

3. Etage intermédiaire

4. Mécanisme de rotation lente pour le pointage

5. Treuil de manœuvre ou de relevage

6. Contrepoids

7. Contrepoids moteur

8. Etage inférieur

Détail de l’embrassure des deux pièces de 155L de la tourelle Galopin double.

 Cliché VAUBOURG Cédric

Rectangle à coins arrondis: La tourelle Galopin de 155L modèle 1890
Rectangle à coins arrondis: Inventaire des tourelles Galopin double
Rectangle à coins arrondis: Photos des tourelles Galopin double