La tourelle  de mitrailleuses est une tourelle à éclipse qui est destinée à repousser les assauts d’infanterie ennemie après le bombardement d’un fort. Elle a été étudiée par le Commandant Bussière et part les firmes Five-Lilles et Châtillon et Commentry, avant d’être adoptée par l’armée en 1899.

Cette tourelle possède un blindage qui lui permet de résister à des obus de 155 mm lorsqu’elle est éclipsée grâce à une calotte en acier de 12 cm d’épaisseur qui sera remplacée après 1907 part du fer laminé. Mais lorsqu’elle est sortie, elle ne peut résister qu’a des tirs de balles ou d’obus shrapnel car sa muraille en acier chromé ne mesure que 1,5 cm d’épaisseur puis 2 cm après 1902. Cette muraille possède plusieurs fentes d’observation ce qui permet de diriger les tirs sans observatoire cuirassé. La coupole mesure 1m31 de diamètre, elle émerge en batterie de 83 cm.

La tourelle pèse 25 tonnes, son mécanisme relativement simple permet sa mise en batterie en 4 secondes, grâce à une manivelle placée à l’étage supérieur manœuvrée par un seul homme. Celui-ci déplaçant un contrepoids de 3,2 tonnes qui équilibre l’ensemble par l’intermédiaire de poulies de renvoie et d’une crémaillère.

La première tourelle type GF3 sera essayée sur le polygone de l’usine St Jaques à Montluçon en août 1895 avant d’être installée au fort de Manonviller fin 1895 début 1896. Elle était armée d’une mitrailleuse Gattling à 7 canons de 8 mm capable de tirer 500 coup à la minute.

Mais, l’adoption en 1899 de la mitrailleuses Hotchkiss de 8 mm modèle 1900 bouleverse les plans des prochaines tourelles qui seront équipées de 2 mitrailleuses qui tirent simultanément. Ce qui permet de tirer avec une arme pendant que l’autre refroidit. La cadence de tir de la tourelle passe à 700 coups à la minute à une distance maximum de 1700 mètres, avec un angle de tir vertical de +8 à -9°. Les mitrailleuses étant plus grandes sont placées sur un berceau coulissant que l’on pousse pour faire dépasser les tubes avant de tirer, ce qui permet de gagner de la place dans la chambre de tir

Une sécurité sera installée après 1902 et améliorée en 1914 pour empêcher l’éclipse lorsque les mitrailleuses sont sorties.

Les munitions des mitrailleuses sont placées dans des niches aménagées dans le béton du puits de la tourelle, elles permettent de stocker jusqu'à 57600 cartouches.

A partir de mars 1904, on installe sur les tourelles un système de limiteur de champs de tir qui limite les accidents sur les troupes alliées.

En mars 1905, les tourelles commencent à recevoir un dispositif de pointage automatique représentant la topographie du terrain ce qui permet le tir de nuit ou par temps couvert.

Lors d’un exercice à Toul en septembre 1909, on décèle les premiers cas d’intoxication aux gaz des tirs car les tourelles n’avaient pas de système de ventilation. Il faudra attendre 1912 pour qu’un modèle de ventilateur sois essayé à l’ouvrage de Meroux puis au fort du Bois d’Oye. Ce ventilateur fabriqué par la société Batignolles peut être actionné par une manivelle ou par un moteur électrique de 200 watts. Il sera installé dans tous les forts possédant des tourelles de mitrailleuses d’avril 1914 à janvier 1915.

Ces tourelles d’un coût total de 72 500 Fr or sont commandées en 101 exemplaires. 89 seront fabriquées et 87 seront installées avant la guerre. 

Une des tourelle de mitrailleuses du fort de Dugny.

 Cliché de VAUBOURG Cédric

Le plan de la tourelle

www.fortiffsere.fr VAUBOURG Cédric et Julie © COPYRIGHT Mentions légales

La chambre de tir d’une des tourelle de mitrailleuses du fort de Dugny. Cliché de VAUBOURG Cédric

Rectangle à coins arrondis: Les tourelles de mitrailleuses type GF3 pour 1 mitrailleuse et GF4 pour 2 mitrailleuses modèle 1900
Rectangle à coins arrondis: Inventaire des tourelles de mitrailleuses
Rectangle à coins arrondis: Photos des tourelles de mitrailleuses