Dès le début de la bataille de Verdun en 1916, la fortification permanente de la place va jouer un rôle très important. Malheureusement, ces ouvrages en maçonnerie ou en béton qui sont la cible de l’artillerie ennemie, ne résistent pas, ou difficilement aux obus de très gros calibre. A partir d’avril 1916, d’importants travaux dits de 17 seront réalisés dans les forts des 4 places de l’est pour redonner une certaine valeur à ces ouvrages qui venaient d'être déclassés le 5 août 1915. Seuls, la place de Verdun et le rideau défensif des Hauts de Meuse seront vraiment concernés par ces travaux, qui seront confiés aux services des forts, afin d’améliorer et de réarmer ces ouvrages, dont certains sont fréquemment bombardés.

 

Pour renforcer la défense des abords des ouvrages, le capitaine Pamart va concevoir en septembre 1916 une casemate blindée en acier moulé placée dans un bloc en béton armé. Elle est armée d’une mitrailleuse modèle 1900 ou 1907 qui flanque le secteur. Son principe de fonctionnement est le même qu’une tourelle de mitrailleuses avec un angle de tir réduit. Sauf, que ce petit cuirassement s’installe rapidement sans faire de gros travaux visibles par l’ennemi, dans des secteurs parfois très chamboulés par les bombardements. En moyenne, plus de deux casemates Pamart sont installées par mois.

Cette casemate conçue en deux modèles à un ou deux créneaux de tir, possède une ventilation manuelle qui renouvèle l’air vicié de la chambre de tir avec l’air des galeries et un périscope pour observer les abords. L’accès s’y effectue depuis les tentacules du réseau de galeries de 17 grâce à un puits d’accès de plus de 10 mètres de profondeur, souvent équipé d’une échelle et d’un monte-charge pour le matériel et les munitions. Mais, en cas de rupture de la galerie d’accès par les bombardements, certaines de ces casemates sont équipées d’une issue de secours pour libérer les soldats de leur bloc de combat. La résistance de cette casemate lui permet de recevoir au maximum des obus de 220mm. Elle est placée sur le glacis des ouvrages, dissimulée aux yeux de l’ennemi grâce à un camouflage pour ne pas attirer les tirs de l’artillerie lourde afin d’assurer son rôle d’effet de surprise en cas d’assaut de l’infanterie ennemie.

 

· Le premier type de casemate Pamart se compose d’une plaque de blindage possédant une seule embrasure. Son épaisseur varie de 110mm au niveau du créneau de tir à 60mm à l’arrière de la cloche. Son armement est monté sur un affût console pivotant sur un angle de 70°. Le poids du cuirassement est de 2,5 tonnes, il est installé de manière à faire ricocher les obus qui tombent dessus. Ce type de casemate sera construit à 8 exemplaires, mais le faible angle de tir fera qu’elle ne sera pas retenue pour être produite en grande quantité.

 

· Le deuxième type de casemate Pamart est un modèle à 2 créneaux qui possède une plaque de blindage de 3,7 tonnes et 2 coffres de 792 kg pour stocker une mitrailleuse. Elle est armée de deux mitrailleuses superposées placées sur un affût rotatif qui permet de faire refroidir une mitrailleuse dans un des coffres pendant que l’autre en service est placée sur un créneau de tir. Cette casemate possède au maximum un angle de tir de 165° grâce à ses deux créneaux possédant chacun un angle de tir de 90° qui se regroupent. Ces deux créneaux ne peuvent pas être armés en même temps car il n’y a qu’un seul affût rotatif qui pivote très rapidement entre les deux embrassures. Quand l’un des créneaux n’est pas utilisé, il est fermé avec des boucliers métalliques qui protègent des projections extérieures. Cette casemate sera fabriquée en 39 exemplaires dont 27 seront installés à la veille de l’armistice sur les forts des Hauts de Meuse et de la place de Verdun. Des projets prévoyaient d’en installer à Belfort au fort de Bessoncourt mais la fin de la guerre arrêtera tout les travaux en cours. Après le premier conflit mondial, 12 des engins fabriqués seront installés dans certains ouvrages de la ligne Maginot.

 

Les deux exceptions à la règle sont les casemates Pamart du fort de Landrecourt et du fort de Dugny à deux et un créneaux qui seront recouvertes d’une épaisse couche de béton pour les renforcer. La casemate simple recevra en plus un coffre pour y mettre une mitrailleuse en réserve.

Inventaire des casemates Pamart (8 cloches à 1 créneau et 26 à 2 créneaux)

La cloche Pamart M2 à 1 créneau du fort de Génicourt. Cl VAUBOURG Julie

Une des cloches Pamart à deux créneaux du poste de Belle Epine. Cliché VAUBOURG Cédric

Un affût dans la cloche Pamart à deux créneaux du poste de Belle Epine.

Cliché VAUBOURG Cédric

L’affût de la cloche M4 à un créneau du fort de Génicourt. Cliché VAUBOURG Cédric

La cloche Pamart ou casemate Pamart

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Une des cloches Pamart à deux créneaux du fort de Tavannes.

Cliché VAUBOURG Julie

La cloche Pamart M4  à deux créneaux du fort de Souville.

Cliché VAUBOURG Julie

Rectangle à coins arrondis: Haut de page

Détail de l’affût pivot de la casemate à 1 créneau M4 du fort de Génicourt. Cliché VAUBOURG Julie

La casemate à deux créneaux bétonnée du fort de Dugny.

Cliché VAUBOURG Julie

Une des deux casemates du fort de Choisel.

Cliché VAUBOURG Cédric

Les deux boucliers métalliques de la casemate M8 du fort de Génicourt.

Cliché VAUBOURG Cédric

Une des cloches Pamart à deux créneaux de la batterie de Saint-Agnant.

Cliché VAUBOURG Julie

Une des deux cloches Pamart du fort de Troyon.

Cliché VAUBOURG Cédric

L’échelle d’accès à  la casemate à 1 créneau M5 du fort de Génicourt. Cliché VAUBOURG Julie

Les deux boucliers métalliques de la casemate M8 du fort de Génicourt. Cliché VAUBOURG Cédric

Une des deux cloches Pamart du fort de la Chaume.

Cliché VAUBOURG Julie

Places

fortes

Forts ou

ouvrages

Nombre de cloches

Type

Etat

Verdun

Fort de Génicourt

6

1 créneau

En place dont 2 avec leur affût omnibus

Fort de Dugny

1

1 créneau

En place renforcée par une carapace de béton avec sortie extérieure

Fort de Landrecourt

1

1 créneau

En place

Fort de Génicourt

2

2 créneaux

En place

Fort de Dugny

1

2 créneaux

En place renforcée par une carapace de béton avec sortie extérieure

Fort de la Chaume

2

2 créneaux

En place

Fort de Choisel

2

2 créneaux

En place avec ses boucliers

Fort des Sartelles

2

2 créneaux

En place

Fort de Vacherauville

2

2 créneaux

Ferraillées pendant la seconde guerre mondiale

Fort de Bois Bourrus

1

2 créneaux

En place

Poste de Belle Epine

1

2 créneaux

En place

Fort de Tavannes

2

2 créneaux

En place

Fort de Souville

3

2 créneaux

En place avec sortie extérieure et affûts

Fort Saint Michel

1

2 créneaux

En place avec sortie extérieure

Ouvrage de Chana

2

2 créneaux

En place

Fort de Marre

1

2 créneaux

En place

Hauts de Meuse

Fort de Troyon

2

2 créneaux

En place avec crochets pour camouflage

Batterie de Saint-Agnant

2

2 créneaux

En place