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Avec la construction des nouvelles fortifications sur les frontières, la France pourrait se sentir à l’ abri. Mais l’artillerie évolue très vite grâce aux nouvelles recherches et à l'évolution industrielle.

A partir de 1883, des nouveaux obus vont faire leurs apparitions, ils sont destinés à paralyser puis à détruire ces nouvelles fortifications. Cette période va rendre obsolète la nouvelle ligne de défense. Elle sera appelée crise de l'obus torpille.

 

L’obus Shrapnel

Ce nouvel obus inventé en 1883 est appelé aussi obus à mitraille, car il projette pleins de billes de plomb lors de son explosion. Il est destiné contre l’infanterie, car sa mise à feu se programme pour lui permettre d’exploser en l’air, au dessus d’une cible choisie. Ce qui va rendre inutile les traverse abris  car elles ne protègent plus les servants qui chargent les pièces. 

 

Le coton-poudre gélatinisé

C'est une nouvelle poudre explosive qui ne fait pas de fumée, elle est mise au point en 1884 par l’ingénieur Veille pour être utilisée comme charge  propulsive des obus. Il permet de ne plus être encombré par la fumée après le tir, ce qui rend les canons plus difficiles à localiser.  

 

La mélinite

A partir 1871, on cherche à remplacer la poudre noire dans les obus, mais aucun explosif ne peut assurer puissance et stabilité. Il faut attendre 1885, pour qu'un ingénieur chimiste en colorant, Eugène Turpin, découvre accidentellement un nouvel explosif.

Il s'agit d'une composition à base d'acide picrique, mais pour masquer sa composition elle sera nommée Mélinite. Cet explosif beaucoup plus puissant que l’ancienne poudre noire est utilisé pour la charge détonante des obus.

 

L’obus cylindro-ogival

Cet obus mis au point en 1886 est rempli de Mélinite, il est fabriqué en acier et non plus en fonte dure. Ce qui permet à la fois d'augmenter la portée des canons, mais aussi d'augmenter la quantité d'explosifs des obus. 

Par comparaison, un obus de 155 en fonte pesant 40 kg renferme 1,3 kg de poudre noire tandis qu’un obus de 155 en acier pesant 43 kg contient 10 kg de mélinite. Ce qui va rendre ce nouvel obus beaucoup plus puissant.

 

Les expériences de 1886

Avec l’arrivée de ces nouveaux obus, on réalise en 1886  un test de résistance sur les nouvelles fortifications. Cette expérience est réalisée au fort de la Malmaison dans l'Aisne avec des pièces de 155L et des mortiers de 220 mm qui tireront 171 obus. Les résultats sont accablants, les obus de 155 et de 220 percent facilement les voûtes en maçonnerie recouvertes par deux mètres de terre. Les blindages ne résistent pas et les façades du casernement s'effondrent dans la cour. Ces nouveau obus bouleversent les superstructures du fort en créant d'énormes trous de 6 mètres de diamètre. Dans les fossés, les murs d'escarpe et de contre-escarpe s'effondrent à cause des pétards de mélinite, les rendant difficiles à défendre.

Cette expérience montre fin 1886 que les nouveaux forts construits ne pourront pas résister à une telle attaque. Surtout que la France vient d’adopter en 1885 le mortier de 270mm modèle 1880, pouvant tirer des obus de 150 à 230 kg. De plus, l'affaire Schnæbelé en 1887, provoque une vive tension avec l'Allemagne ce qui n'arrange rien.   

La crise de l’obus Torpille