La tourelle Buissière est la première tourelle à éclipse française inventée par le Lieutenant Colonel Bussière en 1888. Elle est construite par les sociétés Five et Lille en collaboration avec les sociétés Chatillon et Commentry. 

Son armement se compose de deux canons de 155 long modèle 1877 placés sous une coupole en métal mixte dont l’épaisseur est de 25 cm pour la toiture et 45 cm pour les cotés. Elle mesure 4m35 de diamètre et 1m20 de haut.

La tourelle peut s’éclipser grâce à une presse hydraulique fonctionnant avec de l’eau glycérinée, dont l’action est combinée avec celle d’un contrepoids accumulateur de 80 tonnes. Le tout est entrainé grâce à une machine à vapeur de 8 CV fonctionnant au charbon. Ce système permet en 1888 de déplacer une partie mobile pesant 184 tonnes en effectuant une manœuvre complète de la tourelle (sortir, tirer et rentrer) en 14 secondes.

Ce prototype à éclipse est testé au camp de Châlons en 1888, il est comparé à la tourelle tournante de Saint-Chamond. Les résultats des essais montreront que les tourelles à éclipse sont plus résistantes et qu’elles peuvent se défendre plus facilement pendant les bombardements.

La tourelle Buissière ne sera pas produite, car son principe de fonctionnement est jugé très complexe et son temps d’apparition aux yeux de l’ennemi est trop long . Elle sera réparée et améliorée en bombant la toiture de la coupole et en réduisant son temps de manœuvre à 6 secondes, avant d’être installée au fort de Souville à Verdun en 1890 -1891. Son coût de revient d’installation et de fabrication est estimé à 1 000 000 de Fr or.

Mais à la déclaration de guerre, la tourelle possède de gros problèmes de fonctionnement, elle ne sera opérationnelle qu’en octobre 1915 après de long mois de réparation.

Lors de la bataille de Verdun du 24 février au 16 mars 1916, la batterie cuirassée de Souville est très bombardée, mais elle réussit à tirer avec sa tourelle près de 600 obus, avant qu’un des deux canons n’explose à cause d’un obus de mauvaise qualité. Ce qui causa des avaries sérieuses qui empêcheront son fonctionnement.

Pendant la suite de la bataille, la tourelle ne pouvant être réparée, sera aménagée en poste de commandement et d’observation.

En 1917, la tourelle est réparée, son canon défectueux est retiré sans être remplacé et son fonctionnement est modernisé en remplaçant la machine à vapeur par un moteur électrique de 12CV alimenté par une petite centrale électrique.

Plan de la tourelle Buissière de 155L . Cour de fortif © Jean Philippe Guichard

Indication sur un morceau de coupole

  «  Chatillon et Commentry Usine St Jaques V8 poids 21600 Kg ».

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La tourelle Bussière en position éclipse.

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L’accès à la tourelle.

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Détail de la coupole. Cliché VAUBOURG Julie

Le support du moteur électrique de 12CV. 

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Une poulie dans la salle des machines. Cliché VAUBOURG Cédric

L’entrée de la batterie cuirassée. Cliché VAUBOURG Cédric

La salle des machines. Cliché VAUBOURG Cédric

L’usine électrique installée en 1917 . Cliché VAUBOURG Cédric

Des conduits de ventilation .

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Un magasin de la tourelle. Cliché VAUBOURG Julie

Le massif de la tourelle. Cliché VAUBOURG Cédric

Les contre poids de la tourelle.

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Un autre magasin de la tourelle. Cliché VAUBOURG Cédric

L’étage inférieur de la tourelle avec son vérin hydraulique. 

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L’étage inférieur. Cliché VAUBOURG Cédric

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Détail du monte obus à l'étage inférieur .

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La tourelle Buissière au Camp de Châlons en 1888. Coll. particulière

L’étage intermédiaire. Cliché VAUBOURG Cédric

L’escalier d’accès à la tourelle.

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Le canon dans la chambre de tir. Cliché VAUBOURG Cédric

Détail du canon dans la chambre de tir. 

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Les impacts de tir sur la tourelle au Camp de Châlons en 1888.

Coll. particulière

Effet produit par un obus de 270 sur la calotte au Camp de Châlons en 1888 .

Coll. particulière

Des volants de manœuvre à l’étage inférieur .

Coll. particulière

Rectangle à coins arrondis: Haut de page

La tourelle Bussière pour canons de gros calibre

Détail du canon dans la chambre de tir. 

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